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RDC : début février 2026, l’inflation ralentit mais le déficit budgétaire et le dollar fragilisent le franc

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Last updated: février 19, 2026 10:08 am
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il y a 3 mois
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En République démocratique du Congo, la hausse des prix marque le pas au début de février 2026. La Banque centrale du Congo (BCC) relève une inflation hebdomadaire de 0,11 %, contre 0,15 % la semaine précédente. Cette accalmie ne dissipe pas les tensions : l’État affiche un déficit de 1 037,5 milliards de francs congolais (CDF) fin janvier, et le dollar se négocie à 2 255,82 CDF sur le marché interbancaire au 12 février 2026, en hausse par rapport à la semaine précédente.

Selon la note hebdomadaire de la BCC, l’activité économique reste orientée à la hausse, mais l’équilibre repose sur des variables sensibles : la capacité de l’État à tenir ses comptes, la demande de devises et l’évolution des prix des produits de base.

Contents
En République démocratique du Congo, la hausse des prix marque le pas au début de février 2026. La Banque centrale du Congo (BCC) relève une inflation hebdomadaire de 0,11 %, contre 0,15 % la semaine précédente. Cette accalmie ne dissipe pas les tensions : l’État affiche un déficit de 1 037,5 milliards de francs congolais (CDF) fin janvier, et le dollar se négocie à 2 255,82 CDF sur le marché interbancaire au 12 février 2026, en hausse par rapport à la semaine précédente.Une inflation plus faible, tirée par l’alimentationCroissance soutenue et matières premières : le moteur minier reste centralFinances publiques : un déficit au-delà du programme, et un recours accru au marché intérieurTaux de change : la pression sur le franc congolais se renforceUne stabilité qui tient, mais sous conditions

Une inflation plus faible, tirée par l’alimentation

La BCC observe un ralentissement du rythme de formation des prix au cours de la deuxième semaine de février. L’inflation cumulée depuis le début de l’année atteint 1,35 %. En glissement annuel, elle s’établit à 2,18 %, contre 10,64 % à la même période en 2025, signe d’un net reflux des tensions inflationnistes.

Mais l’indicateur global cache une réalité plus concrète pour les ménages : les produits alimentaires et boissons non alcoolisées expliquent l’essentiel de l’inflation, avec une contribution de 72,9 % à l’indice général. Autrement dit, même si l’inflation ralentit, le coût des denrées de base reste le principal canal de pression sur le pouvoir d’achat.

Cette sensibilité s’explique aussi par la structure de l’économie : la RDC demeure dépendante des importations alimentaires, ce qui expose les prix domestiques aux variations des coûts logistiques, des cours internationaux et du taux de change.

Croissance soutenue et matières premières : le moteur minier reste central

Sur le front de l’activité, la BCC maintient une perspective de croissance de 5,6 % en 2025, portée principalement par le secteur minier. La tenue des cours contribue à préserver les recettes d’exportation, déterminantes dans une économie où les devises proviennent largement du cuivre et du cobalt.

Au niveau international, la tonne de cuivre s’établit à 12 888 dollars, en léger recul hebdomadaire. Le cobalt, lui, se maintient autour de 55 592 dollars la tonne, en hausse de 6,7 % par rapport à fin 2025. Le pétrole est annoncé stable à 67,5 dollars le baril. Ces niveaux restent favorables aux entrées de devises, mais la transmission à la stabilité du franc congolais dépend aussi de la demande de dollars et de la dynamique des finances publiques.

Finances publiques : un déficit au-delà du programme, et un recours accru au marché intérieur

C’est sur le terrain budgétaire que les signaux de fragilité se concentrent. À fin janvier 2026, le déficit des opérations financières de l’État atteint 1 037,5 milliards CDF, alors que le déficit programmé était de 688,2 milliards CDF. L’écart traduit une tension entre recettes et dépenses, dans un contexte où certaines charges publiques restent difficiles à ajuster à court terme.

Au 12 février 2026, la BCC chiffre les recettes à 759,6 milliards CDF, pour des dépenses de 812,4 milliards CDF. Le différentiel confirme un déséquilibre : lorsque les recettes ne couvrent pas les dépenses, l’État doit financer la différence, soit par des ressources extérieures, soit comme c’est le cas ici par un recours plus marqué au financement intérieur.

Pour combler le trou, le gouvernement s’appuie principalement sur les émissions de titres publics. Ce choix a un avantage immédiat : il assure la continuité de la dépense publique. Mais il a aussi un coût économique : il renforce la dépendance du Trésor au marché local et peut, selon les volumes et les conditions, créer des tensions sur la liquidité bancaire et sur le coût de financement de l’État.

Taux de change : la pression sur le franc congolais se renforce

La monnaie nationale reste sous pression. Au 12 février 2026, le taux de change interbancaire est de 2 255,82 CDF pour un dollar, contre 2 213,76 CDF une semaine plus tôt. La BCC fait état d’une dépréciation hebdomadaire de 3,55 % sur ce segment. Depuis fin décembre 2025, la monnaie s’est dépréciée de 3,30 %.

Cette évolution s’inscrit dans une mécanique bien connue : une forte demande de devises — liée aux importations et aux besoins des opérateurs pèse sur le franc lorsque l’offre de dollars ne suit pas au même rythme. Or, en RDC, une partie importante de la consommation et des intrants de production dépend de l’extérieur, ce qui entretient structurellement la demande en devises.

Une stabilité qui tient, mais sous conditions

La BCC met en avant une stabilité macroéconomique soutenue par la coordination entre politique monétaire et politique budgétaire, et par une gestion prudente de la liquidité. Mais plusieurs facteurs restent identifiés comme sensibles : une liquidité bancaire élevée et la demande persistante de devises sur le plan interne ; les incertitudes mondiales et les tensions géopolitiques sur le plan externe.

Dans ce contexte, l’équation est double pour les autorités : tenir la trajectoire budgétaire en améliorant la mobilisation des recettes, et limiter la pression sur le taux de change dans une économie encore très dépendante des importations et des matières premières.

— Peter MOYI

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