Le gouvernement restreint l’usage des paiements en procédure d’urgence. Annoncée par le ministre des Finances, Doudou Fwamba, sur Top Congo FM à Kinshasa, la mesure s’inscrit dans le cadre du nouveau programme conclu avec le FMI et vise à encadrer les dérogations aux règles budgétaires.
Ce qui change dans l’exécution budgétaire
Désormais, seuls deux postes peuvent passer par la procédure d’urgence : les dépenses à caractère sécuritaire et les déplacements des plus hauts responsables des institutions. « Désormais, seules les dépenses à caractère sécuritaire et les déplacements des hauts responsables des institutions peuvent faire l’objet de paiements en procédure d’urgence », a déclaré Doudou Fwamba. Sont concernés les responsables des institutions régaliennes : Présidence de la République, Primature, Assemblée nationale, Sénat, Cour constitutionnelle et Conseil supérieur de la magistrature.
Le périmètre des dépenses exclues est clarifié. Les dettes intérieures de l’État et les dépenses d’investissement ne pourront plus être exécutées en urgence. Elles devront suivre le circuit budgétaire normal, avec l’ensemble des validations prévues par la loi. Objectif affiché : améliorer la traçabilité, renforcer les contrôles et réduire les dérogations.
Le ministre souligne que les réalités sécuritaires dans l’Est du pays continuent d’exiger une capacité d’intervention rapide. Le recours à l’urgence y demeure plus fréquent, mais il devra être justifié de manière rigoureuse et documentée, dans un cadre restreint et surveillé. « Cela vise à améliorer la transparence et à éviter des dérives dans la gestion des fonds publics », a-t-il expliqué.
La réforme répond aux critiques récurrentes de la société civile et des organes de contrôle sur l’usage jugé trop large des mécanismes exceptionnels. En recentrant l’urgence sur des besoins strictement sécuritaires et protocolaires, l’exécutif entend consolider la discipline budgétaire tout en préservant la capacité de réponse immédiate lorsque la situation l’exige.
— M. KOSI



