La République démocratique du Congo prévoit d’équiper la DGDA de scanners de conteneurs et de scanners volumétriques à partir de 2026, selon un rapport du Fonds monétaire international (FMI) publié en janvier 2026. L’objectif est clair, mieux contrôler les flux commerciaux et surtout les exportations, sans multiplier les ouvertures de cargaisons, afin de renforcer la mobilisation des recettes.
L’enjeu est d’abord budgétaire. En RDC, une partie des recettes de l’État dépend de la capacité à vérifier ce qui est importé et exporté, et à limiter les déclarations inexactes. Les équipements annoncés sont dits « non intrusifs » car ils permettent de contrôler une cargaison grâce à l’imagerie et à des instruments de mesure, plutôt que par une inspection manuelle systématique. Cela réduit le temps de traitement, et aussi les zones grises liées aux contrôles au cas par cas.
Moins de contacts, plus de données, et un focus sur les exportations minières
Le FMI situe ces achats dans un programme de modernisation des douanes. Les autorités congolaises veulent, selon le rapport, renforcer les contrôles sur les flux matériels liés aux exportations, afin d’obtenir une évaluation plus appropriée « des volumes, de la teneur minérale et de l’humidité des exportations ». Ces paramètres comptent dans la valeur déclarée et, au final, dans les recettes attendues.
Le document reprend une appréciation attribuée aux autorités, qui met en avant l’ampleur des pertes possibles quand les contrôles sont jugés faibles. « Des études montrent que notre pays perd près de la moitié de ses recettes minières potentielles en raison de contrôles insuffisants sur les volumes et la teneur en métaux de valeur », indiquent-elles, selon le rapport. Dit autrement, si le volume exporté est sous-déclaré ou si la teneur réelle n’est pas correctement mesurée, l’État encaisse moins que ce qu’il devrait.
Sur le plan opérationnel, l’orientation retenue vise à augmenter la mobilisation des recettes « en minimisant les contacts humains ». Cette logique renvoie à un principe simple, quand la procédure repose davantage sur des outils standardisés et informatisés, l’exécution dépend moins d’arbitrages individuels. Le FMI cite, dans cet esprit, des bascules de pesage et des mécanismes de contrôle qualité présentés comme « informatisés et non intrusifs ».
La modernisation ne se limite pas aux scanners. Les autorités annoncent aussi la mise en place d’une plateforme de partage d’informations entre administrations financières, avec un recours accru à l’automatisation et à la numérisation. Le rapport précise que ce système intégré doit s’appuyer sur des données essentielles, dont « les flux commerciaux, les données bancaires et les actifs », afin de renforcer les recoupements et l’efficacité des contrôles.
Dans la même logique d’interconnexion, le FMI relève l’intention de relier la base de données de l’administration fiscale au système d’information de la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique (DGTCP). L’idée est d’améliorer la cohérence des informations entre régies et services publics, et de rendre plus difficile la dissimulation d’écarts entre déclarations, mouvements et paiements.
— Peter MOYI

