Le 5 février à Kinshasa, le Vice-Premier ministre et ministre du Budget, Adolphe Muzito, a reçu Damien Mama, représentant résident du PNUD en République démocratique du Congo. Au cœur des échanges, une question très concrète, comment mieux planifier et financer les projets publics, dans un pays où les besoins d’infrastructures, de services de base et de transformation économique restent élevés.
La rencontre, tenue au Centre financier de Kinshasa, s’inscrit dans les consultations régulières entre le gouvernement congolais et ses partenaires techniques et financiers. Le ministère du Budget a rappelé sa place dans la chaîne de décision, il initie, planifie et organise le financement de programmes publics que l’exécutif présente comme structurants.
Dans ce type de discussion, un mot revient souvent, l’efficacité. Derrière ce terme, il s’agit d’un sujet sensible, comment orienter l’argent public vers des dépenses qui produisent des résultats visibles, et éviter que les crédits se dispersent ou se perdent dans des charges peu productives.
Quand le budget doit produire des résultats, la question minière revient vite

Les échanges ont mis l’accent sur trois leviers, la mobilisation des ressources, la budgétisation orientée vers les résultats et la priorisation des investissements publics. La budgétisation orientée vers les résultats consiste à lier les dépenses à des objectifs mesurables, au lieu de financer seulement des rubriques administratives. En clair, on cherche à savoir ce que chaque franc dépensé permet de livrer, une route, une école, une réforme, un service rendu.
Dans un pays minier comme la RDC, cette logique rejoint une préoccupation de fond, transformer la rente en développement. Même si la réunion n’a pas détaillé un secteur en particulier, la question de l’allocation des ressources renvoie souvent, dans les faits, à des arbitrages sur des domaines à fort effet d’entraînement, routes pour les zones de production, énergie pour l’industrie, contrôle et traçabilité, infrastructures logistiques, et appui aux chaînes de valeur locales.
Le PNUD, de son côté, a salué la vision portée par le ministère du Budget et a insisté sur l’intérêt d’une gestion rigoureuse des finances publiques pour garantir des impacts durables. Damien Mama a aussi plaidé pour une meilleure répartition des ressources afin d’augmenter le rendement économique et social des investissements publics.
« J’ai été très heureux de ces échanges avec le Vice-Premier ministre du Budget. Les ambitions du Gouvernement sont claires et la vision portée par le ministère du Budget est déterminante pour transformer ces orientations stratégiques en actions concrètes au bénéfice du développement du pays », a déclaré Damien Mama.
Au terme de l’audience, les deux parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération, notamment sur l’accompagnement des réformes budgétaires et la mise en place de mécanismes qui améliorent l’efficacité de la dépense publique. Une formulation qui, à Kinshasa, est souvent attendue sur un terrain précis, la capacité à faire correspondre les priorités affichées, les lignes budgétaires et les résultats sur le terrain, dans un contexte où les pressions sociales et économiques restent fortes.
— M. KOSI

