La réunion du Comité de conjoncture économique, tenue le 7 mai sous la houlette de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, a confirmé la continuité d’une stabilité macroéconomique en République démocratique du Congo. Alors que les tensions, tant internes qu’externes, s’intensifient, l’exécutif tente de maintenir le cap. Les principaux indicateurs restent globalement inchangés : le taux de change ne s’est pas effondré et les prix sur les marchés demeurent contenus, signe d’un certain contrôle budgétaire et monétaire.
Mais au-delà des chiffres, l’enjeu central reste leur effet réel sur la population. Le gouvernement promet de transformer cette stabilité apparente en actions tangibles. Un nouveau programme baptisé « compact de résilience » est sur le point d’être lancé. Il cible spécifiquement trois axes urbains critiques à Kinshasa : la mobilité, l’assainissement et la sécurité alimentaire. L’initiative s’inscrit dans une volonté d’anticipation face aux pressions inflationnistes et logistiques dans la capitale, où plus de 17 millions d’habitants dépendent chaque jour d’un système urbain saturé.
L’un des leviers identifiés repose sur la relance de la production agricole, avec une attention particulière portée à trois filières prioritaires définies dans le Plan national stratégique de développement (PNSD) : le maïs, le riz et la volaille. Ces produits sont à la fois des denrées de consommation courante et des sources d’emploi dans les zones rurales, dont le potentiel reste sous-exploité malgré les subventions ponctuelles accordées par l’État ces dernières années.
S’exprimant à l’issue de la réunion, le Vice-Premier ministre en charge de l’Économie a rappelé une ligne directrice claire : « La stabilité des indicateurs n’a de sens que si elle améliore la vie concrète de chaque Congolais. » Ce recentrage sur les résultats concrets marque un virage que plusieurs partenaires internationaux, dont la Banque mondiale et la BAD, encouragent depuis longtemps, après avoir observé des performances macroéconomiques solides, mais déconnectées du vécu quotidien.
Selon les dernières données disponibles de la Banque centrale du Congo, la croissance du PIB est attendue autour de 6,8 % pour l’année 2025, en ligne avec les prévisions antérieures, tandis que l’inflation reste contenue à moins de 9 % en glissement annuel. Ces chiffres donnent une marge d’action au gouvernement, à condition que la stabilité ne masque pas l’atonie de certains secteurs stratégiques comme l’agriculture ou le transport urbain.
Le défi est donc clair : maintenir l’équilibre tout en accélérant l’investissement public ciblé. Dans cette optique, les prochains mois seront déterminants. Le compact de résilience annoncé sera scruté à la fois pour sa capacité à mobiliser les financements et pour la rapidité de sa mise en œuvre.
— M. MASAMUNA


