Le mardi 27 janvier 2026, le gouvernement congolais veut lever environ 68 millions USD sur le marché financier domestique, selon un communiqué du ministère des Finances. L’opération combine deux obligations du Trésor, l’une en dollars et l’autre en francs congolais, toutes deux sur 18 mois.
La première tranche porte sur 50 millions USD, avec un taux d’intérêt de 9 %. La seconde concerne 40 milliards CDF, soit environ 18 millions USD au taux de change communiqué par la BCC, avec un rendement de 10 %. En clair, l’État emprunte auprès des investisseurs locaux et leur promet un remboursement à l’échéance, plus les intérêts.
Pourquoi l’État emprunte en USD et en CDF en même temps
Cette émission ouvre le programme de financement intérieur du Trésor pour l’exercice 2026. D’après le calendrier indicatif publié par les services du ministère des Finances, le gouvernement vise plus de 600 millions USD à mobiliser sur le marché local au premier trimestre 2026. L’idée est de compléter les ressources budgétaires en s’appuyant davantage sur l’épargne disponible dans le pays, plutôt que de dépendre uniquement d’autres sources de financement.
En 2025, le marché domestique a continué à se renforcer avec des émissions plus fréquentes et un intérêt soutenu d’investisseurs institutionnels, surtout les banques commerciales et certaines entreprises publiques. L’encours des titres publics a progressé, signe que les autorités utilisent de plus en plus ces instruments pour répondre aux besoins de trésorerie de l’État.
Mais le marché a aussi montré ses limites. Les souscriptions sont restées très concentrées sur le secteur bancaire, et les adjudications ont été sensibles aux conditions de liquidité. Les tensions inflationnistes ont aussi pesé sur les taux servis. Dans ce contexte, les titres en USD ont souvent attiré davantage, car ils réduisent le risque de perte lié à la variation du taux de change pour les investisseurs.
Avec cette première émission de 2026, le gouvernement veut garder un rythme régulier d’adjudications, consolider la confiance dans le marché des titres publics et élargir progressivement la base des investisseurs, tout en finançant les priorités budgétaires de l’État.
— M. KOSI



