Au 30 septembre 2025, l’encours des titres publics de la RDC s’établit à 5 186,9 milliards CDF contre 5 656,8 milliards CDF une semaine plus tôt. La contraction provient du remboursement d’anciennes lignes, principalement des Bons du Trésor en USD, ce qui allège temporairement le stock et libère de la capacité d’émission.
Le même 30 septembre, le Trésor a proposé 50 millions USD en Bons du Trésor. La demande a atteint 98,5 millions USD ; 60 millions USD ont été servis, soit 197 % de taux de couverture, pour un taux moyen pondéré de 9,917 %. Signal clair : les investisseurs acceptent un coût proche de 10 % en devises lorsque la visibilité sur le service et le risque de change leur paraît mieux maîtrisé.
Le 7 octobre, virage inverse sur la fenêtre en monnaie nationale. L’offre portait sur des Obligations indexées à 18 mois pour 60 milliards CDF, rémunérées 10 % l’an. Résultat : 5 milliards CDF placés seulement, soit 8,33 % de couverture. L’écart de performance entre les deux guichets révèle un arbitrage prix/risque défavorable au CDF : la prime de change et les anticipations de parité pèsent davantage que le niveau facial du coupon.
Ce que montrent les adjudications
Sur la même séquence, les Obligations du Trésor en USD à 18 mois ont dépassé l’objectif : plus de 71 millions USD levés pour 70 millions USD annoncés, taux 9 %. Cette sursouscription souligne une profondeur de carnet supérieure côté devises et une préférence pour des flux en dollars, mieux alignés sur les bilans bancaires et la gestion d’actifs en contexte d’incertitude de change.
La baisse de l’encours survient donc dans un environnement à deux vitesses : un segment en dollars bien absorbé, et un compartiment en CDF qui requiert un travail d’ancrage. Les leviers techniques sont connus : calendrier d’émission prévisible, tailles adaptées pour améliorer la liquidité secondaire, courbe de rendement lisible par maturité, communication précise sur l’emploi des fonds et élargissement de la base d’acheteurs domestiques (banques, assurances, caisses). À ce prix-là, l’objectif est de mobiliser l’épargne locale sans dégrader le coût moyen du financement, tout en réduisant la prime de risque exigée en monnaie nationale.
Les indicateurs de la semaine envoient un signal convergent : la demande existe pour la RDC, surtout quand l’actif est libellé en USD et que la structure de coupons et maturités répond aux contraintes des portefeuilles. Le défi est de transférer progressivement cette confiance vers le CDF en rendant la trajectoire des émissions plus prévisible et en stabilisant les anticipations de change.
— Peter MOYI



