Les machines tournent sans relâche entre Kananga et Kalamba-Mbuji. Sur les 230 kilomètres de cet axe stratégique du Kasaï central, 140 km sont désormais accessibles, selon les dernières données communiquées par l’Agence congolaise de grands travaux (ACGT). Ce chantier, confié à l’entreprise chinoise Sinohydro, avance à un rythme soutenu malgré une campagne de désinformation circulant sur les réseaux sociaux.
Une délégation conjointe, composée de responsables des infrastructures au niveau national et provincial, d’ingénieurs de l’ACGT, des équipes de contrôle, et du député provincial Donatien Balekelayi, a parcouru récemment l’itinéraire jusqu’à la localité de Mondela. Une visite de terrain, caméra à l’épaule, qui a permis de vérifier concrètement l’état d’avancement du projet.
Les engins travaillent actuellement à élargir la chaussée et à renforcer le tracé existant avec du latérite, matériau local en cours de compactage. Les couches de fondation sont ainsi préparées pour les prochaines étapes, notamment le revêtement définitif, prévu dès le retour de la saison sèche.
Plusieurs infrastructures de soutien ont déjà vu le jour : une carrière de moellons alimente le chantier, tandis qu’un concasseur opérationnel permet la fabrication locale de caniveaux préfabriqués. Des buses sont également en cours de préparation pour être placées aux points critiques de drainage sur le tronçon Kalamba-Mbuji.
Le député Donatien Balekelayi, après deux heures et demie de trajet depuis Matamba, témoigne :
« Les travaux sont bel et bien en cours. On roule sans difficulté sur la majorité du tronçon. Les gros bourbiers ont été traités. »
Pour les véhicules légers, la vitesse moyenne atteint désormais 60 km/h, tandis que les poids lourds naviguent entre 30 et 40 km/h. Une amélioration nette pour un axe jadis réputé impraticable durant la saison des pluies.
Cette route traverse deux territoires clés, Kazumba et Luiza, en desservant plusieurs villages et agglomérations, dont Mbula-Mbula et Kambundi. Son désenclavement progressif est un enjeu logistique pour le commerce local, l’approvisionnement des marchés, et la mobilité des populations.
L’ACGT réaffirme que l’entreprise Sinohydro respecte le calendrier annoncé en décembre dernier : une ouverture complète de l’axe est envisagée d’ici juillet 2025, grâce à un doublement des équipes sur le terrain, désormais mobilisées de jour comme de nuit. La saison sèche actuelle, propice aux opérations de terrassement et de compactage, constitue un avantage décisif pour l’accélération des travaux.
En parallèle, l’agence a souhaité rectifier une confusion virale relayée sur les réseaux sociaux : une vidéo dénonçant un segment non traité de 28 km concernait en réalité une portion du tronçon Matamba–pont Niawu, non intégrée dans le périmètre du projet Kananga-Kalamba-Mbuji.
Ce développement routier représente bien plus qu’un chantier : c’est une colonne vertébrale pour le Kasaï central. Et un indicateur concret des efforts de modernisation des infrastructures dans une région longtemps oubliée.
— M. MASAMUNA


