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Le cuivre recule légèrement, mais reste au-dessus des 9 000 dollars : un signal à suivre pour l’économie congolaise

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Le 12 mai 2025, la tonne de cuivre s’est échangée à 9 386 dollars, marquant une baisse de 0,39 % par rapport à la semaine précédente (9 422,65 dollars). Ce léger repli ne bouleverse pas encore les équilibres, mais confirme la tendance à la volatilité qui caractérise ce marché depuis plusieurs semaines.

En l’espace d’un mois, les variations de prix sur le marché international du cuivre ont tracé une courbe erratique. Entre le 14 et le 19 avril, la tonne avait chuté brutalement de 8,66 %, passant de 9 710,30 à 8 869,35 dollars. Une correction de marché, suivie rapidement par un rebond technique : la semaine suivante, les cours reprenaient 2,70 %, s’établissant à 9 108,55 dollars.

La dynamique s’est poursuivie. Entre le 28 avril et le 3 mai, le cuivre progressait de 1,05 %, atteignant 9 204,00 dollars. Puis, nouvelle hausse : 2,38 % supplémentaires entre le 5 et le 10 mai, pour culminer à 9 422,65 dollars. C’est ce dernier niveau qui a été légèrement corrigé la semaine suivante.

Ces oscillations traduisent un marché sensible aux ajustements de la demande industrielle mondiale, notamment en Chine, principal importateur de cuivre, mais aussi aux tensions géopolitiques et logistiques qui affectent les chaînes d’approvisionnement. À cela s’ajoutent les signaux de ralentissement économique dans certaines zones industrialisées.

Pour la République démocratique du Congo, premier producteur de cuivre en Afrique, ces fluctuations ont des répercussions immédiates sur les recettes d’exportation et les équilibres budgétaires. Le cuivre représente environ 40 % des revenus d’exportation du pays, selon les données de la Banque centrale.

Le rapport du ministère du Commerce extérieur confirme également qu’aucun autre produit minier marchand n’a vu son prix progresser sur la même période. Seul le tantale a maintenu sa valeur stable à 227,00 dollars la tonne, un fait rare dans un contexte de volatilité globale des matières premières.

L’analyse de ces mouvements montre que le secteur minier congolais reste exposé à des facteurs exogènes difficilement maîtrisables. Le lien entre prix international, production locale, et fiscalité est direct. Toute variation affecte à la fois les prévisions de recettes publiques, la stabilité du franc congolais et les capacités d’investissement des entreprises minières.

À court terme, les analystes surveillent les indicateurs chinois et les politiques de relance industrielle qui pourraient soutenir la demande. Mais l’absence de diversification dans les exportations laisse peu de marges de manœuvre à l’économie congolaise, encore très dépendante du sort des métaux sur les marchés mondiaux.

M. MASAMUNA

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