Le gouvernement congolais change la manière de gérer l’argent public. Les ministères et institutions vont pouvoir décider eux-mêmes d’une grande partie de leurs dépenses, tout en restant sous la supervision du ministère des Finances.
Une gestion des dépenses plus proche des réalités de chaque ministère
Au cours du Conseil des ministres tenu vendredi à Kinshasa, la vice-ministre des Finances, Grâcia Yamba, a présenté la réforme de la déconcentration de l’ordonnancement. Selon le compte-rendu lu par le ministre de l’Économie numérique, Kibassa Maliba, cette réforme donne aux ministres et aux responsables d’institutions le pouvoir d’« engager, liquider et ordonnancer » les dépenses de leurs services.
Concrètement, cela signifie que chaque ministère pourra autoriser une dépense, vérifier la réalité de la facture, puis donner l’ordre de paiement. Avant, ces étapes dépendaient beaucoup plus du ministère des Finances. Aujourd’hui, l’État cherche à rapprocher la décision budgétaire du terrain, là où les besoins apparaissent.
La vice-ministre a rappelé que cette évolution s’appuie sur un cadre juridique et institutionnel déjà en place. Elle s’inscrit aussi dans la réforme de la comptabilité publique, qui a permis de mettre en ordre les procédures et de sécuriser les circuits de la dépense. Les conditions techniques et administratives pour appliquer cette nouvelle organisation sont désormais jugées réunies.
Grâcia Yamba a également établi un lien direct entre cette déconcentration de l’ordonnancement et le budget programme. Avec ce type de budget, l’État ne se contente plus de distribuer des moyens. Il demande à chaque ministère de prouver les résultats obtenus avec l’argent public : écoles construites, routes entretenues, hôpitaux équipés, etc.
La réforme pousse donc l’administration à passer d’une logique de simple consommation de crédits à une culture de résultats. Les ministères sectoriels deviennent des acteurs de premier plan dans l’exécution des dépenses. Ils gardent la responsabilité de bien utiliser les fonds qui leur sont confiés, tout en restant soumis aux contrôles habituels du Trésor et des autres structures de suivi.
Pour le gouvernement, cette déconcentration n’est pas seulement un changement de procédure interne. Elle devient un outil central pour rendre l’action publique plus cohérente avec les besoins de la population et pour mieux suivre l’impact réel de chaque franc dépensé.
— M. KOSI



