La couche d’asphalte posée en septembre sur le lot 6 (Lubudi–Nguba, 142 km) matérialise l’avancée d’un chantier long de 848 km entre Nguba et Mbuji-Mayi. Le projet, lancé le 10 juillet 2024 pour une durée de 3 ans, s’inscrit dans les conventions sino-congolaises et vise un objectif clair : abaisser les coûts de transport, fiabiliser les temps de parcours et reconnecter des bassins de production aux places de consommation.
La RN1 structure les flux vers quatre provinces — Kasaï-Oriental, Lomami, Haut-Lomami, Lualaba. Chaque section bitumée réduit les ruptures de charge et la sinistralité, améliore l’accès des transporteurs au réseau et fluidifie l’acheminement des intrants comme des denrées. Pour les opérateurs, l’effet se mesure sur les marges : moins de pannes, moindre consommation de carburant à vitesse stabilisée, meilleure rotation des camions. Les administrations locales y gagnent en recettes grâce à des échanges plus réguliers et à une base taxable élargie. La fiabilité du corridor sécurise par ailleurs l’approvisionnement des zones minières du Grand Katanga et des Kasaï, étape nécessaire pour soutenir la transformation locale.
Calendrier, gouvernance et retombées attendues

Le financement relève du programme sino-congolais. Le pilotage revient à l’Agence de pilotage, de coordination et de suivi des conventions de collaboration signées entre la RDC et des partenaires privés. Cette architecture clarifie la responsabilité des lots et cadence l’exécution sur trois années. Le jalon Lubudi–Nguba sert de référence technique : contrôle des couches, qualité des agrégats, continuité du tapis, signalisation et dispositifs de drainage pour préserver l’ouvrage sur la durée.
À mesure que l’asphalte progresse, les gains se cumulent : baisse du temps moyen de trajet, moindre volatilité des prix liée aux aléas routiers, meilleure circulation des produits agricoles vers Mbuji-Mayi et les centres urbains intermédiaires. L’effet réseau se renforce avec chaque kilomètre livré, ce qui attire des services annexes (stations, ateliers, entrepôts) et améliore la liquidité du commerce de proximité. Les populations des tronçons traversés accèdent plus vite aux marchés et aux services essentiels, tandis que les entreprises planifient plus finement leurs approvisionnements et leurs ventes.
Le chantier reste étalé sur 3 ans. Le suivi rigoureux des lots, la tenue des délais et la qualité des ouvrages conditionnent l’impact macro-économique recherché : réduire le coût logistique national et soutenir la production dans les provinces traversées.
— Peter MOYI



