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Secteur minier artisanal en RDC : quand 46 000 travailleurs échappent à la régulation officielle

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Un récent rapport publié en 2023 par l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) met en exergue les multiples enjeux liés à l’exploitation minière artisanale en République Démocratique du Congo (RDC). Ce rapport se concentre sur les filières du cuivre, cobalt et zinc, en soulignant à la fois les chiffres importants et les recommandations pour renforcer la transparence et la gestion de ce secteur stratégique pour l’économie nationale.

En 2021, 81 sites d’exploitation minière artisanale ont été identifiés dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. Ces zones emploient près de 46 000 personnes, bien que de nombreux opérateurs travaillent en dehors des cadres légaux. Parmi ces sites, 41 sont officiellement reconnus tandis que 32 fonctionnent sans autorisation, mettant en lumière un secteur à la fois essentiel et mal régulé.

La RDC a produit en 2021 environ 1,49 million de tonnes de cuivre et 192 620 tonnes de cobalt. Comparativement à l’année 2020, où la production de cuivre atteignait 622 361 tonnes et celle de cobalt 124 525 tonnes, l’augmentation est significative. Cette performance témoigne de l’importance de l’exploitation minière artisanale dans la production nationale, malgré les défis liés à la traçabilité et au contrôle de cette filière.

exploitation artisanale mine RDC

La chaîne de valeur dans ce secteur regroupe divers acteurs allant des petits exploitants individuels aux coopératives et aux entreprises de traitement. Le flux financier généré par cette chaîne reste cependant difficile à contrôler. En 2021, le Haut-Katanga a collecté environ 4,6 milliards de francs congolais (CDF) sous forme de taxes liées à l’exploitation artisanale, tandis que le Lualaba en a récolté 2,3 milliards de CDF.

Cependant, cette collecte fiscale reste partielle, car de nombreux opérateurs travaillent en dehors du cadre réglementaire. Cette absence de transparence fragilise le contrôle des flux financiers et empêche une redistribution équitable des richesses générées par ce secteur.

L’ITIE propose plusieurs pistes d’amélioration, notamment la formalisation des zones d’exploitation artisanale (ZEA) afin de faciliter le suivi des opérations et de mieux encadrer les pratiques. Le renforcement des capacités des autorités publiques est également essentiel pour surveiller efficacement les flux financiers et assurer une plus grande transparence.

Le rapport met en avant la nécessité d’une meilleure distinction entre les produits issus de l’exploitation artisanale et industrielle, garantissant ainsi une traçabilité accrue et une gestion plus rigoureuse des ressources minières.

En conclusion, l’exploitation minière artisanale en RDC joue un rôle central dans l’économie nationale. Toutefois, des réformes et une meilleure gouvernance sont indispensables pour maximiser l’impact économique de cette activité tout en garantissant une exploitation plus équitable et durable.

M.KOSI

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