À Yokohama, la République démocratique du Congo s’affiche comme un partenaire incontournable dans le secteur minier. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka conduit une délégation de haut niveau à la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD), organisée du 20 au 22 août 2025. À ses côtés, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, multiplie les rencontres bilatérales, signe que Kinshasa entend peser davantage dans les discussions internationales liées aux ressources naturelles.
Les échanges ont mis en lumière la volonté congolaise de lier diplomatie et économie. Le face-à-face avec João Lourenço, président de l’Angola et actuel dirigeant de l’Union africaine, illustre cette orientation. De même, l’entretien avec le Premier ministre égyptien Moustafa Kamal Madbouli démontre que la RDC cherche à élargir ses appuis régionaux, au-delà de la seule coopération avec le Japon.
La présence de Kinshasa au Japon ne se limite pas aux symboles diplomatiques. Elle porte aussi un message clair : le pays veut tirer parti de l’expertise japonaise dans les domaines de l’innovation et des technologies appliquées à l’exploitation minière. L’objectif est double : améliorer la gouvernance du secteur et attirer des capitaux étrangers. Dans un marché marqué par la transition énergétique mondiale, la RDC dispose d’un avantage compétitif grâce à ses réserves de cobalt, de cuivre et de lithium. Mais cet atout doit s’accompagner d’une gestion crédible et transparente, un point régulièrement souligné par les bailleurs et investisseurs.
Le choix de la TICAD pour ce plaidoyer n’est pas anodin. Lancée dans les années 1990 par Tokyo, cette plateforme est devenue un espace privilégié pour articuler coopération politique, développement économique et partenariats technologiques entre l’Afrique et le Japon. Pour Kinshasa, y participer activement revient à montrer sa disponibilité à diversifier ses partenaires, sans se limiter aux acteurs traditionnels que sont la Chine, l’Union européenne ou les États-Unis.
L’accent mis par le ministre des Mines sur le transfert de savoir-faire technologique traduit une ambition plus large : moderniser la chaîne de valeur minière en RDC. Cela inclut la transformation locale des minerais, une meilleure traçabilité des flux et une exploitation plus respectueuse de l’environnement. Ces priorités rejoignent les préoccupations exprimées par plusieurs États africains qui cherchent à réduire leur dépendance à l’exportation brute des ressources.
Reste à savoir si les discussions de Yokohama se traduiront par des projets concrets. Les investisseurs attendent des signaux clairs en matière de sécurité juridique, de stabilité réglementaire et de lutte contre la corruption. Si ces engagements sont tenus, la coopération avec le Japon pourrait marquer une étape importante dans la reconfiguration des relations économiques de la RDC.
— M. MASAMUNA

