À Yokohama, la Première ministre congolaise défend lier sécurité, infrastructures et autonomisation des jeunes

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La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a choisi un ton résolument offensif à Yokohama lors de la première journée de la TICAD9, en affirmant que la prospérité de l’Afrique passera par une paix réelle et durable. Porte-parole du Président Félix-Antoine Tshisekedi, elle a rappelé que la République démocratique du Congo poursuit des efforts diplomatiques pour stabiliser l’Est du pays, avec des accords de cessez-le-feu et des initiatives pour favoriser le retour des populations déplacées.

Plutôt que de dresser un simple catalogue de promesses, la cheffe du gouvernement a mis l’accent sur une vision concrète : privilégier la prévention des conflits, renforcer les mécanismes pacifiques de règlement des différends, mais aussi penser au-delà de la sécurité immédiate. Elle a défendu l’idée d’une transformation en profondeur des économies africaines, passant par la modernisation des infrastructures régionales, l’accès accru à la formation pour la jeunesse, l’autonomie des femmes et l’utilisation durable des ressources naturelles. Ces priorités, selon elle, sont indissociables d’une intégration économique africaine qui reste encore trop fragmentée.

Le Japon, hôte de la rencontre, a été salué pour son accompagnement constant à travers la TICAD, présentée comme un cadre de confiance et de coopération sincère entre l’Afrique et l’Asie. Un rappel qui n’est pas anodin : dans un contexte international marqué par la compétition des grandes puissances, Kinshasa entend valoriser des partenariats équilibrés, capables de soutenir aussi bien la stabilité politique que la croissance inclusive.

Cette intervention a illustré la volonté de la RDC de ne plus être seulement réceptrice de solutions venues de l’extérieur, mais d’imposer sa voix dans le débat international. Derrière les formules diplomatiques, le message adressé à Yokohama est clair : sans paix et sans sécurité, aucun projet de développement ne peut tenir. Mais sans investissements dans la jeunesse, les femmes et les infrastructures, la paix elle-même risque de rester fragile.

— M. KOSI

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