Le Gouvernement et le patronat congolais s’accordent désormais sur une approche concertée autour de la réforme de la facture normalisée. Réunis sous l’égide de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), le Ministère des Finances et la Direction générale des impôts (DGI) ont convenu de poursuivre le dialogue technique afin d’assurer une application adaptée aux réalités du terrain.
Plutôt qu’une mesure imposée de façon rigide, le Ministère a souligné que cette réforme sera accompagnée de mécanismes d’appui. Des séances de travail ciblées devraient être organisées pour aider chaque entreprise à mieux comprendre et appliquer le dispositif. L’idée est claire : sécuriser la collecte de la TVA tout en réduisant les zones grises qui alimentent encore l’informel.
La FEC, de son côté, insiste sur l’importance de l’adhésion des entreprises. « Il ne s’agit pas seulement de se conformer à une obligation, mais de s’approprier un outil qui améliore la transparence et facilite la gestion fiscale« , ont rappelé ses représentants. Pour y parvenir, des commissions spécialisées verront le jour afin de traiter les contraintes propres à chaque secteur, notamment dans la commercialisation et l’homologation des dispositifs fiscaux.
Les discussions ont mis en avant deux préoccupations centrales : la clarté des procédures d’homologation et la simplification de la documentation exigée. Sans réponse à ces points, l’adhésion du secteur privé resterait limitée, avertissent certains opérateurs.
Pour le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, cette réforme s’inscrit dans une logique de modernisation de la gestion publique : la facture normalisée doit être vue comme un instrument de confiance, et non comme une contrainte. Elle vise à garantir l’équité devant l’impôt, réduire la fraude et améliorer les recettes fiscales dans un contexte où l’État cherche à diversifier ses sources de financement.
Ce processus bénéficie aussi de l’appui politique du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui mise sur une fiscalité plus transparente pour renforcer la crédibilité des finances publiques. Reste à savoir si cette volonté affichée se traduira par une application souple et efficace, capable de convaincre les opérateurs économiques que la réforme sert autant leurs intérêts que ceux du Trésor public.
— M. MASAMUNA

