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Un partenariat RDC-Émirats pour moderniser les échanges et faciliter l’intégration régionale via de nouveaux ports

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Le gouvernement congolais vient d’accélérer le calendrier de signature d’un partenariat économique avec les Émirats arabes unis. Prévu entre août et septembre 2025, ce futur accord doit poser les fondations d’une coopération commerciale élargie, alors que la RDC cherche à diversifier ses flux d’exportation et renforcer ses infrastructures portuaires. Lors d’une réunion stratégique tenue le 22 juillet à Kinshasa, le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku Kahongya a détaillé les attentes autour de cet accord, en présence de l’ambassadeur émirati, Anwar Othman Barout Al-Baroudi.

Les enjeux techniques sont considérables. L’accord est présenté comme un levier pour accélérer la construction du port en eau profonde de Banana, infrastructure clef du projet DP World. Ce terminal, estimé à plus d’un milliard de dollars selon le ministère des Finances, doit permettre à la RDC de multiplier par trois sa capacité d’exportation d’ici 2027 et de s’ouvrir à de nouveaux marchés internationaux, en particulier vers le Golfe et l’Asie. La possible ouverture d’une ligne directe Kinshasa-Dubaï, via Emirates Airlines, vient renforcer cet axe stratégique, offrant une réduction du temps de transport et une facilitation accrue des échanges commerciaux.

Renforcement du commerce régional : subventions ciblées et infrastructures portuaires

Dans l’Est du pays, la diplomatie économique congolaise se traduit aussi par le lancement d’un programme ambitieux de subventions destinées aux commerçants transfrontaliers du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le 15 août prochain, à Uvira, ce sont plus de 25 millions de dollars mobilisés via le Projet de Facilitation du Commerce et Intégration dans la Région des Grands Lacs (PFCIGL) – fonds apportés par la Banque mondiale – qui permettront de soutenir en priorité les filières à fort potentiel d’exportation. Ce dispositif accorde une attention particulière aux groupements de femmes et de jeunes entrepreneurs, qui constituent près de 40 % des opérateurs transfrontaliers dans la région selon la Banque africaine de développement.

La stratégie du ministère mise sur une distribution rotative des subventions, pour élargir l’accès à un plus grand nombre de bénéficiaires et stimuler la diversification des produits exportés. Sur le plan logistique, de nouveaux ports à arrêt unique sont prévus à Kavimvira, Nyamoma, Rubenga et Kamanyola, facilitant le transit des marchandises avec les pays frontaliers et réduisant sensiblement les coûts d’acheminement.

Pour garantir la fluidité des échanges et limiter les tracasseries administratives, la RDC s’appuie également sur le Régime commercial simplifié (RECOS) instauré à Kavimvira-Gatumba en octobre dernier. Un protocole entre l’Office Congolais de Contrôle (OCC) et le Bureau Burundais des Normes doit être signé sous peu, afin de renforcer la sécurité sanitaire et la conformité des produits sur ces corridors très fréquentés. À ce jour, près de 30 % du commerce non minier de la RDC transite déjà par ces voies régionales, reflet d’un marché en mutation rapide où la technique et la logistique prennent le pas sur les anciens schémas d’échange.

— Peter MOYI

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