Sous l’impulsion du gouvernement congolais, la modernisation des procédures de création d’entreprises en République Démocratique du Congo (RDC) semble entrer dans une phase décisive. Cette nouvelle dynamique a pour objectif de réduire drastiquement les délais d’enregistrement des entreprises, actuellement au centre de plusieurs réformes. L’initiative, portée par le Ministre des Finances, M. Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a été confirmée avant son départ pour le Forum Chine-Afrique à Pékin. Cette révision vise à simplifier le parcours administratif des entrepreneurs et à rendre l’environnement des affaires plus favorable.
La clé de cette transformation réside dans le renforcement des capacités du Guichet Unique de Création d’Entreprises (GUCE), institution centrale dans la facilitation des démarches administratives. Selon les directives récentes, le délai de création d’une entreprise, qui peut parfois prendre plusieurs semaines, devrait être ramené à trois jours ouvrés. Cette accélération des délais représente un levier fondamental pour encourager les investisseurs locaux et internationaux.
Vers une meilleure interconnexion des services
L’une des priorités stratégiques identifiées lors de cette réunion est l’amélioration de l’interopérabilité entre le GUCE et la Direction Générale des Impôts (DGI). Cette mesure vise à renforcer le partage d’informations entre les deux entités, notamment en ce qui concerne l’attribution du Numéro d’Identification Fiscale (NIF). Le NIF, indispensable pour la régularité des activités d’une entreprise, fait l’objet de nombreuses plaintes de la part des entrepreneurs en raison de sa complexité actuelle. Pour pallier ces lenteurs, il est désormais prévu une vérification stricte de l’adresse physique du demandeur et des documents requis, directement au niveau du GUCE. Cette centralisation devrait assurer une fluidité des démarches, en ligne avec la mission du guichet unique.
Réforme et attractivité : un objectif gouvernemental
Cette démarche s’inscrit dans un contexte où la RDC cherche à améliorer son indice de compétitivité et à attirer davantage d’investissements. Simplifier les démarches administratives, c’est non seulement offrir un environnement plus propice à la création d’entreprises, mais aussi rassurer les investisseurs potentiels sur la stabilité du cadre juridique et fiscal. De plus, cette réforme permettrait de répondre à une demande croissante de création d’entreprises, tant par les Congolais que par les investisseurs étrangers.
Le gouvernement entend également allouer des subventions spécifiques au GUCE, avec des critères rigoureux pour s’assurer de l’application des nouvelles directives. L’enjeu est d’importance : redonner confiance aux entrepreneurs et leur permettre de bénéficier d’une infrastructure administrative moderne et efficace. Cette initiative illustre ainsi l’engagement des autorités à créer un climat des affaires plus favorable.
Des résultats attendus à court terme
À terme, cette série de réformes devrait permettre une réduction de 50 % des délais liés à la création d’entreprises, ce qui correspond à l’une des priorités économiques du gouvernement. Le Ministre des Finances a insisté sur l’importance de rendre ces processus accessibles à tous les opérateurs économiques, qu’ils soient nationaux ou étrangers. Une simplification qui devrait aussi permettre une meilleure collecte fiscale, contribuant ainsi à une plus grande transparence et à une gestion plus efficace des recettes publiques.
Cette initiative intervient dans un moment où les indicateurs économiques de la RDC montrent un besoin urgent de réformes structurelles pour soutenir la croissance. En s’attaquant à la problématique des délais de création d’entreprises, le gouvernement espère impulser un nouveau souffle au secteur privé, pierre angulaire de la relance économique du pays.
En somme, les décisions prises lors de cette séance de travail pourraient représenter un tournant pour le climat des affaires en RDC, avec des impacts directs sur la compétitivité du pays et l’attractivité de son marché.






