51 000 milliards de CDF : le projet de budget 2025 de la RDC peut-il relever les défis économiques ?

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Le projet de loi des finances pour l’exercice 2025, estimé à 51 000 milliards de francs congolais (CDF), a franchi une étape décisive avec son adoption par l’Assemblée nationale. Lors de la plénière tenue au Palais du Peuple, les débats ont mis en lumière les défis d’une ambition budgétaire confrontée aux moyens disponibles.

Guy Mafuta, président de la commission économique et financière, a présenté les grandes lignes de ce budget, décomposé en 46 379 milliards pour le budget général, 9 030 milliards pour les budgets annexes, et 3 850 milliards pour les comptes spéciaux. « Les chiffres sont exacts et reflètent une volonté de structurer les priorités nationales avec les moyens à disposition », a-t-il affirmé, répondant ainsi aux critiques sur la faisabilité de ces montants.

Les discussions ont également montré les limites de cet exercice budgétaire. « Si nous voulons répondre pleinement aux attentes des citoyens, il faudrait multiplier ce budget par cinq pour atteindre 200 000 milliards de CDF », a ajouté Guy Mafuta, soulignant les contraintes imposées par la capacité actuelle de mobilisation des recettes.

Au-delà des chiffres, les priorités du gouvernement incluent le renforcement de la gestion des voies fluviales, un domaine jugé stratégique pour le développement économique. La sécurisation et l’aménagement des cours d’eau, en particulier le fleuve Congo, sont envisagés comme une opportunité pour attirer davantage d’investissements privés. « L’État doit créer un cadre sécuritaire et structuré. Cela permettra à des centaines d’entrepreneurs privés d’investir dans des infrastructures fluviales, réduisant ainsi les accidents et stimulant la croissance économique », a expliqué le président de l’ECOFIN.

Les députés ont également insisté sur la nécessité d’inclure certains projets omis dans des régions moins favorisées. Ces recommandations reflètent un appel à une répartition plus équitable des ressources budgétaires. Par ailleurs, la commission a proposé plusieurs pistes pour renforcer la collecte des recettes fiscales, notamment en finalisant l’audit du secteur des télécommunications et en mettant en œuvre des réformes ciblées du système fiscal.

Avec cet effort budgétaire, le gouvernement de la République démocratique du Congo cherche à trouver un équilibre entre ambition et réalité économique. Cependant, la concrétisation de ces objectifs dépendra fortement de la capacité des autorités à mobiliser des ressources supplémentaires et à gérer efficacement les priorités définies. Ce budget, bien qu’encourageant, s’inscrit dans un chemin complexe, mêlant attentes sociales et contraintes économiques.

Par M. KOSI

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