Le 24 septembre 2025, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU et de la Semaine du Climat, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, et le Cadastre Minier (CAMI) ont porté un message clair à la table ronde de haut niveau du Cobalt Institute : sécuriser la chaîne du cobalt exige des règles stables, des partenariats prévisibles et une transparence vérifiable sur toute la ligne. Le directeur général du CAMI, Popol Mabolia, a détaillé l’axe opérationnel : titre minier lisible, données publiques, conformité et montée de la transformation locale pour capter davantage de valeur.
Transparence mesurable, contrats bancables, valeur locale : le triptyque recherché
Pour les États-Unis, l’alignement entre demande industrielle, cadre public et innovation conditionne l’accès à long terme aux volumes. Côté RDC, la clé se joue sur la crédibilité des données : cartographie des titres, publication des obligations, suivi des volumes et de la qualité du minerai. Cette traçabilité réduit le risque pays perçu, fait baisser le coût du capital et ouvre l’accès aux financements commerciaux. Elle soutient aussi la négociation des contrats d’off-take, en donnant des repères aux acheteurs et aux prêteurs.
La valorisation sur place — pré-traitement, raffinage, services industriels — élargit la base fiscale et stabilise les marges. Plus la première transformation avance en RDC, plus la part locale de la valeur s’accroît et moins la rentabilité dépend des seules fluctuations de prix à l’export. À la clé : coûts logistiques mieux maîtrisés, recettes publiques plus régulières, effets d’entraînement sur les métiers connexes (énergie, maintenance, transport).
L’approvisionnement responsable n’est plus un slogan : il sert de critère d’éligibilité aux marchés et aux financements. Respect des normes, traçabilité des flux, publication des opérations sensibles — ces éléments pèsent désormais autant que la teneur en cobalt. Le CAMI ancre cette exigence dans son rôle : clarifier les titres, assurer la publicité des informations et renforcer la gouvernance des actifs afin que les contrats soient lisibles et bancables.
Message politique et technique converge : des règles stables et des données auditées rendent la chaîne d’approvisionnement plus fiable, tout en soutenant l’objectif national de capter davantage de valeur en RDC. L’enjeu social suit mécaniquement : des recettes mieux sécurisées financent l’investissement et l’emploi, avec une industrie minière plus durable face aux exigences des acheteurs internationaux.
— Peter MOYI



