Le 8 octobre 2025, le Vice-Premier ministre du Budget, Adolphe Muzito, a reçu la délégation du Syndicat national des médecins (Synamed) pour cadrer une discussion appuyée par des données. Mandaté dans le cadre des orientations de la Présidence et sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa, il vise un accord aligné sur la capacité de trésorerie de l’État et la soutenabilité de la masse salariale.
Revendications, coût récurrent et méthode de chiffrage

Le Synamed a présenté trois priorités : revalorisation des rémunérations, ajustement de la prime de risque professionnel et paie complémentaire, avec prise en charge étendue aux médecins et autres personnels de santé. Des projets sociaux connexes figurent aussi à l’agenda. Le secrétaire général, Dr John Senga, a salué un dialogue renoué avec un interlocuteur « connu de longue date ».
« C’était une joie de retrouver le VPM et de lui présenter nos doléances pour le secteur de la santé », a-t-il indiqué.
Côté méthode, le VPM a demandé la mise en place d’une commission mixte chargée de produire rapidement un chiffrage exhaustif : effectifs éligibles, structure de rémunération par grade, assiette de primes, coût budgétaire annuel et profil de décaissement mensuel. L’objectif est de distinguer charges récurrentes et mesures ponctuelles, d’évaluer les effets en cascade (alignements, reclassifications) et d’établir un phasage d’application compatible avec la liquidité du Trésor.
Techniquement, trois paramètres piloteront l’arbitrage :
- Masse salariale : impact en pourcentage du Budget général et part du secteur santé dans cette enveloppe.
- Profil de trésorerie : absorption mensuelle des hausses sans tension excessive sur les dépenses prioritaires ni retards de paiement.
- Ancrage macro : cohérence avec la trajectoire des recettes, la maîtrise de l’inflation et la stabilité du taux de change afin d’éviter un effet prix par la dépense publique.
Le Synamed s’est dit « rassuré » et prêt à fournir les séries chiffrées demandées, condition sine qua non pour bâtir un calendrier d’application crédible et traçable. Cette séquence s’inscrit dans un cycle plus large de concertations menées par le Budget avec d’autres partenaires sociaux, avec le même principe : négocier sur pièces, sécuriser le financement, formaliser le suivi.
— Peter MOYI



