À Kinshasa, le 22 décembre, le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a défendu l’idée d’une relation RDC–Chine construite sur le long terme. Selon lui, cette coopération tient parce qu’elle ne se limite pas aux échanges commerciaux, mais s’appuie aussi sur des liens humains, culturels et une mémoire commune.
De retour d’une mission en Chine, dans la province du Zhejiang, Daniel Mukoko Samba dit avoir observé de près une logique de développement fondée sur l’ouverture économique. Il a participé à un forum sino-africain sur le commerce et la culture, et a visité des universités, des entreprises et des plateformes commerciales. Une étape l’a marqué : la ville de Yiwu, qu’il décrit comme « un véritable supermarché du monde ». Pour lui, Yiwu illustre ce que peut apporter l’intégration à l’économie mondiale. Il insiste aussi sur un point : ces lieux ne servent pas seulement à acheter et à vendre. Ils favorisent aussi les rencontres entre peuples et cultures.
Mines, agriculture, routes : quels axes pour la transformation économique ?
Le ministre rappelle que le secteur minier compte dans la coopération sino-congolaise. Mais il estime que la relation doit aller plus loin et toucher d’autres leviers économiques.
Sur l’agriculture, il met en avant le potentiel de la RDC et affirme que le pays peut devenir une puissance agricole, à condition de renforcer la recherche agronomique. L’idée est simple : sans innovation dans les semences, les techniques de culture et la productivité, le potentiel reste théorique.
Sur les infrastructures, il cite les rocades urbaines construites par des entreprises chinoises, encore en cours à Kinshasa. Selon lui, ces chantiers doivent modifier durablement la configuration de la capitale et la manière dont les habitants se déplacent. Autrement dit, l’enjeu n’est pas seulement de bâtir des routes, mais d’améliorer la circulation, la logistique urbaine et, au final, l’activité économique.
Sur l’industrie, Daniel Mukoko Samba explique que la RDC cherche à renforcer sa production locale et à réduire sa dépendance aux exportations de matières premières. Il note l’implication d’entreprises chinoises dans des activités industrielles et manufacturières, avec une ambition résumée par une formule : « Nous allons avoir notre petit Yiwu ici à Kinshasa ». L’objectif, tel qu’il le présente, est de développer une capacité locale de fabrication et d’échanges, plutôt que de rester dans un modèle centré sur l’exportation brute.
Pour appuyer l’idée d’une relation « profonde », il évoque un souvenir d’enfance : la mission agricole chinoise, qu’il présente comme un projet non commercial. Des techniciens agricoles chinois auraient vécu dans des zones rurales congolaises pour transmettre des techniques de culture du riz, laissant, selon lui, des traces encore visibles aujourd’hui. Il affirme enfin que tous les partenariats internationaux n’ont pas la même densité humaine et culturelle, et que cette dimension donnerait à la relation RDC–Chine une stabilité particulière, dans un contexte où le pays diversifie ses partenaires.
Source : french.news.cn
— M. KOSI



