La République démocratique du Congo poursuit sa stratégie de renforcement des partenariats énergétiques en Afrique. En visite officielle à Alger, la ministre d’État en charge des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a signé, samedi 30 mai, un mémorandum d’entente avec son homologue algérien, Mohamed Arkab, ministre d’État chargé de l’Énergie et des Mines.
L’accord, qui vise à renforcer la coopération bilatérale dans le secteur des hydrocarbures, marque une nouvelle étape dans les relations entre Kinshasa et Alger. Il fait suite aux discussions engagées en novembre 2025 à Brazzaville, en marge des travaux de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO).
À travers ce partenariat, la RDC cherche à s’appuyer sur l’expérience de l’Algérie, l’un des principaux producteurs d’hydrocarbures du continent, afin d’accélérer la transformation de son industrie pétrolière et de mieux valoriser son important potentiel énergétique.

À la tête d’une délégation composée notamment du secrétaire général aux Hydrocarbures, du directeur général de la Sonahydroc et de l’ambassadrice de la RDC en Algérie, Rose Osaka Okitundu, la ministre Acacia Bandubola a présenté les priorités de Kinshasa pour le développement du secteur.
Le gouvernement congolais souhaite notamment bénéficier du savoir-faire algérien dans la promotion des blocs pétroliers, la conduite des appels d’offres internationaux et l’attraction des investissements dans l’exploration et la production. L’objectif est de renforcer l’attractivité du secteur amont et de mobiliser davantage de capitaux pour l’exploitation des ressources pétrolières du pays.
En outre, la coopération devrait également s’étendre à la gestion des données pétrolières, un domaine jugé stratégique pour améliorer la connaissance des réserves nationales et optimiser leur valorisation. Kinshasa ambitionne ainsi de moderniser ses systèmes de collecte, de conservation et d’exploitation des données conformément aux standards internationaux.
Autre axe majeur du partenariat : le renforcement de la gouvernance du secteur. La RDC entend s’inspirer du modèle algérien en matière de régulation, de contrôle des opérations pétrolières et de développement des entreprises publiques. Dans cette perspective, une collaboration technique entre la Sonahydroc et la compagnie nationale algérienne Sonatrach est envisagée afin de consolider les capacités techniques et managériales de la société congolaise.
Les deux pays ont également affiché leur volonté de développer des programmes de formation dans plusieurs domaines spécialisés, notamment la géologie, la géophysique, l’ingénierie pétrolière, l’économie des hydrocarbures et la gestion des données.
Par ailleurs, les discussions ont porté également sur les activités de raffinage, de stockage et de distribution des produits pétroliers. Les autorités congolaises se montrent particulièrement intéressées par l’expertise algérienne dans la gestion du gaz de pétrole liquéfié (GPL) et dans le développement des infrastructures logistiques destinées à sécuriser l’approvisionnement énergétique.
Pour Kinshasa, ce rapprochement avec Alger s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire du secteur pétrolier un moteur de croissance, à renforcer la souveraineté énergétique du pays et à attirer de nouveaux investissements dans une industrie encore largement sous-exploitée malgré l’étendue de ses ressources.
Eldad B.




