Le gouvernement provincial du Tanganyika a ramené de 1 222 à 200 USD le droit de péage appliqué aux semi-remorques de six essieux ou plus sur l’axe Manono–Kalemie. La baisse, supérieure à 80 %, est entrée en vigueur après plusieurs semaines de protestations des transporteurs, des commerçants et des habitants contre le poids des prélèvements routiers.
Le tarif concerne le passage sur environ 430 kilomètres de route entre Manono et Kalemie. Plusieurs publications ont présenté les 200 USD comme un tarif général, mais la source détaillant la nouvelle grille précise qu’il s’applique aux semi-remorques comptant au moins six essieux. Les montants exigés des voitures, des véhicules moyens et des autres catégories de poids lourds n’ont pas encore été publiés de manière suffisamment complète dans les documents accessibles.
L’exécutif provincial affirme avoir aligné sa tarification sur un arrêté du ministre national des Infrastructures et Travaux publics daté du 12 juin 2026. Ce texte fixe les droits de péage sur les routes nationales 33 et 5, dont le tronçon reliant Kalemie, Nyunzu et Manono. Des équipes de contrôle doivent être déployées pour faire respecter la nouvelle grille et sanctionner les perceptions non autorisées.
Un coût qui pesait sur les marchandises acheminées vers Manono
Avant la réduction, les usagers dénonçaient une accumulation de péages, de frais de surcharge et de paiements perçus à différents postes de contrôle. Selon les témoignages recueillis début juillet, certains camions transportant des marchandises pouvaient supporter plusieurs centaines de dollars de frais sur le parcours, en plus des autres coûts liés au carburant, à l’entretien et au temps de trajet.
Ces charges étaient ensuite intégrées dans le prix du transport et répercutées sur les consommateurs. Manono dépend largement de cet axe pour son approvisionnement en denrées alimentaires, médicaments, carburant, matériaux de construction et autres produits venus de Kalemie ou transitant par le chef-lieu provincial.
La réduction à 200 USD doit donc alléger le coût supporté par les grands transporteurs. Une baisse du péage ne garantit toutefois pas automatiquement une diminution immédiate des prix dans les marchés. Son effet dépendra aussi du coût du carburant, de l’état de la route, du nombre de barrières maintenues et de la volonté des transporteurs de réviser leurs tarifs.
L’axe joue également un rôle croissant dans les projets économiques de Manono. La réhabilitation de la route doit améliorer l’accès à une zone disposant d’importantes ressources minières et faciliter l’évacuation future des produits, tout en renforçant les échanges entre le Tanganyika et les marchés régionaux. Les travaux de modernisation ont été lancés en octobre 2024 dans le cadre d’un projet évalué à plus de 500 millions USD.
La transparence de l’ancienne tarification reste à clarifier
La décision apporte un soulagement aux transporteurs, mais elle laisse plusieurs questions sans réponse. Les informations disponibles ne permettent pas d’identifier clairement la base juridique qui avait autorisé le montant de 1 222 USD, l’opérateur chargé de sa perception ni les recettes déjà collectées.
Aucune modalité de remboursement ou de régularisation n’a également été annoncée pour les usagers ayant payé l’ancien tarif. La publication intégrale de la grille, de l’arrêté national et des contrats liés à la gestion du péage permettrait de clarifier les responsabilités et d’éviter de nouvelles contestations.
Le gouvernement provincial a promis des missions de suivi sur l’ensemble du parcours. Leur efficacité dépendra de la suppression des perceptions parallèles et de l’affichage visible des tarifs à chaque poste. Sans contrôle continu, la baisse officielle pourrait être compensée par d’autres frais imposés aux transporteurs.
Pour le Tanganyika, le problème dépasse le seul montant du péage. Une route destinée à désenclaver Manono ne peut produire ses effets économiques que si son utilisation reste accessible et prévisible. Le nouveau tarif réduit sensiblement la charge des grands camions. Il devra maintenant se traduire par un transport moins coûteux, une meilleure circulation des marchandises et une gestion transparente des recettes routières.
— M. KOSI









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