Le ministre d’État chargé du Plan, Guylain Nyembo Mbwizya, a demandé à l’Agence nationale pour la promotion des investissements d’accélérer les réformes et d’améliorer la qualité des services fournis aux investisseurs. La visite du 17 juillet 2026 n’a toutefois débouché sur aucun nouvel objectif chiffré ni calendrier supplémentaire.
Guylain Nyembo Mbwizya a effectué vendredi une visite de travail au siège de l’ANAPI à Kinshasa, où il a été reçu par la directrice générale Rachel Pungu Luamba et son adjoint Evariste Katshienda. Les échanges ont porté sur les activités de l’établissement, ses conditions de fonctionnement et les difficultés rencontrées dans l’accompagnement des investisseurs nationaux et étrangers.
Le ministre a demandé aux responsables de l’agence de renforcer la transparence, la redevabilité et l’évaluation des performances. Il a également insisté sur la simplification des procédures administratives, présentée comme l’une des conditions nécessaires pour réduire les délais supportés par les entreprises et améliorer l’attractivité économique de la RDC.
Cette intervention reste cependant une instruction générale. Les informations communiquées ne précisent pas les procédures qui seront simplifiées, les délais actuellement observés, les objectifs à atteindre ni les ressources supplémentaires que le gouvernement entend accorder à l’ANAPI.
Les 5,13 milliards USD agréés ne sont pas encore des investissements exécutés
L’agence est chargée de promouvoir les opportunités économiques de la RDC, d’accompagner les investisseurs et d’examiner les projets sollicitant les avantages prévus par le Code des investissements. Ses missions comprennent également le plaidoyer en faveur de l’amélioration du climat des affaires et le suivi des entreprises bénéficiant des incitations fiscales et douanières.
En 2025, l’ANAPI a approuvé 96 projets et demandes d’agrément représentant 5,13 milliards USD d’investissements prévus, contre environ 2,27 milliards USD en 2024. Cette progression de 125,7 % mesure la valeur annoncée dans les dossiers examinés et non les capitaux effectivement injectés dans l’économie congolaise.
Pour évaluer la performance réelle de l’agence, ces chiffres devront être rapprochés du nombre de projets effectivement lancés, des montants décaissés, des emplois créés et des obligations respectées par les entreprises agréées. Un projet approuvé peut connaître des retards, être exécuté partiellement ou ne jamais mobiliser l’intégralité de l’investissement annoncé.
L’ANAPI demande d’ailleurs aux bénéficiaires du Code des investissements de transmettre des rapports semestriels sur l’exécution de leurs projets, de respecter leurs calendriers, de tenir une comptabilité distincte et de remplir leurs engagements en matière d’emploi, de formation et d’environnement. Le non-respect de ces obligations peut entraîner le retrait de l’agrément et le remboursement des avantages fiscaux obtenus.
Les réformes attendues doivent produire des délais mesurables
Le gouvernement a déjà validé une feuille de route de mesures dites rapides dans le cadre du programme Business Ready de la Banque mondiale. Ces actions doivent notamment porter sur la création et l’implantation des entreprises, la fiscalité, les services publics, le commerce international, l’accès aux services financiers et le règlement des différends. Certaines mesures sont attendues avant la fin de septembre 2026.
L’ANAPI participe parallèlement à la révision du Code des investissements adopté en 2002 ainsi qu’à l’élaboration d’une politique nationale des investissements et d’une politique nationale du climat des affaires. Ces trois instruments doivent encore être finalisés et appliqués avant que leurs effets puissent être mesurés sur les coûts, les délais administratifs et la sécurité juridique des entreprises.
La visite du ministre place ainsi l’agence devant une obligation de résultats, mais les indicateurs de performance restent à publier. Le suivi devra notamment préciser le délai moyen de traitement d’un dossier d’agrément, le taux de réalisation des projets approuvés, le volume d’investissements réellement exécutés et le nombre de difficultés administratives résolues pour les opérateurs.
La prochaine échéance observable sera la mise en œuvre des mesures Business Ready annoncées pour septembre 2026. Leur efficacité dépendra moins du nombre de réunions organisées que de la réduction vérifiable des démarches, des coûts et des délais rencontrés par les investisseurs.
— Joldie KAKESA









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