Afrique : Castel réalise plus de 5 milliards d’euros et prépare six nouvelles usines

Castel Afrique prépare six nouveaux projets industriels sur le continent, dont deux sont annoncés à Kinshasa et Kolwezi. Le groupe, qui affirme avoir réalisé plus de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en Afrique en 2025, veut renforcer ses capacités de production et élargir ses activités agroalimentaires.

La Rédaction

Castel Afrique prépare six nouveaux projets industriels sur le continent, dont deux sont annoncés à Kinshasa et Kolwezi. Le groupe, qui affirme avoir réalisé plus de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en Afrique en 2025, veut renforcer ses capacités de production et élargir ses activités agroalimentaires.

Castel Afrique envisage de nouvelles implantations industrielles en République démocratique du Congo. Deux projets figurent parmi les six sites dits « greenfields » que le groupe affirme avoir engagés ou placés à l’étude en Afrique, l’un à Kinshasa et l’autre à Kolwezi.

L’annonce a été faite par Gregory Clerc, directeur général du Groupe Castel, dans un entretien publié le 21 juillet 2026. Les informations communiquées ne permettent pas encore de déterminer si les projets congolais ont atteint la phase d’investissement, de construction ou de validation définitive. Le groupe cite également des projets à Sanoyah, en Guinée, où le démarrage de la production était annoncé pour juillet 2026, ainsi qu’à Malabo, San Pedro et Bélabo. Cette extension doit accompagner la croissance de la consommation et renforcer les capacités industrielles du groupe sur ses marchés africains.

Castel indique avoir dépassé 7 milliards d’euros d’activité au niveau du groupe, dont plus de 5 milliards d’euros réalisés en Afrique en 2025. Ce dernier montant représenterait plus de 70 % du total annoncé, selon un calcul de Lepoint.cd à partir des chiffres communiqués par l’entreprise.

Ces données restent des déclarations du groupe dans un entretien institutionnel. Elles montrent néanmoins le poids du continent dans sa stratégie et expliquent la concentration des nouveaux investissements sur les unités de production, les emballages et l’approvisionnement local.

Quinze nouvelles lignes de production validées

Gregory Clerc
Gregory Clerc

En plus des six projets de nouvelles usines, Castel affirme avoir validé quinze lignes de production supplémentaires sur des sites déjà en activité. Ces investissements concernent notamment le verre, les boîtes métalliques et les emballages en PET. Près de 60 % de ces nouvelles lignes seraient consacrées au verre consigné. Ce modèle permet de réutiliser les bouteilles après leur collecte, leur lavage et leur contrôle, tout en limitant les achats répétés d’emballages neufs.

L’intégration industrielle constitue une autre composante de la stratégie du groupe. En Angola, Castel produit désormais des boissons pour Heineken et fabrique des bouteilles dans sa verrerie locale Vidrul, à la suite d’un partenariat conclu entre les deux entreprises.

Pour Kinshasa et Kolwezi, les implications dépendront de la nature exacte des projets retenus. Une nouvelle usine pourrait accroître la capacité de production locale, générer des commandes pour les transporteurs et fournisseurs congolais et développer les besoins en emballages, maintenance et services industriels.

Aucun montant d’investissement, calendrier de construction ou objectif de production n’est toutefois associé aux deux projets congolais dans les informations publiées. Leur portée économique devra donc être évaluée lorsque Castel précisera leur statut et leur configuration industrielle.

Castel veut élargir son modèle à l’agroalimentaire

Le groupe souhaite dépasser progressivement son activité historique dans les boissons pour renforcer sa présence dans l’agro-industrie. Il s’appuie notamment sur les activités sucrières et les distilleries de Somdia ainsi que sur des filières agricoles développées avec des producteurs locaux.

Castel affirme que 62 % de ses achats sont actuellement effectués auprès de fournisseurs locaux sur le continent. Dans le secteur agricole, l’entreprise cite le sorgho, le riz et le maïs parmi les matières premières intégrées à ses chaînes d’approvisionnement.

Les proportions varient cependant selon les pays. Le groupe affirme acheter localement 85 % de ses matières premières en Éthiopie, 58 % à Madagascar et la totalité des céréales utilisées au Malawi et au Tchad.

Plus de 90 % de la sous-traitance serait également confiée à des entreprises locales. La portée de cette politique dépend toutefois de la nature des contrats concernés, du volume des commandes et de la valeur effectivement captée par les fournisseurs africains. Castel Afrique indique être présent dans 22 pays et employer près de 40 000 personnes. Le groupe assure que 98 % de ses collaborateurs sont recrutés localement et que plus de 800 promotions internes ont été enregistrées en 2025.

Cette stratégie d’intégration locale peut soutenir la création de compétences industrielles, à condition que les investissements soient associés à des programmes de formation, à l’accès des entreprises locales aux marchés de sous-traitance et à l’augmentation des achats de matières premières produites sur place.

Une baisse annoncée de 30 % de la consommation d’eau

Le groupe met également en avant ses investissements environnementaux. Il affirme utiliser 30 % d’eau en moins qu’en 2018 pour produire un litre de boisson, après sept années de réduction progressive de son ratio de consommation. Castel indique que 46 usines disposent de systèmes de traitement des eaux usées. Une nouvelle installation est annoncée à Lubumbashi avant la fin de l’année 2026, après la mise en service d’un équipement similaire à Pointe-Noire.

Pour la RDC, l’évolution la plus concrète à surveiller sera la matérialisation des projets de Kinshasa et Kolwezi. Leur confirmation permettrait d’évaluer les capitaux engagés, les capacités supplémentaires, les emplois directs prévus et la part des commandes confiées aux entreprises congolaises.

— M. MASAMUNA

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