CMOC développe autour de ses mines TFM et KFM, dans le Lualaba, un système énergétique intégré comprenant 623 MWp de solaire photovoltaïque et 488 MW pour 1 800 MWh de stockage. Les données communiquées lors d’une visite du chantier font également état de trois nouveaux postes de 220 kV et d’environ 116 kilomètres de nouvelles lignes électriques.
Le projet associe production solaire, batteries, réseau haute tension et consommation industrielle des deux complexes miniers. Les installations en cours comprennent 623 MWp de capacité photovoltaïque, un système de batteries de 488 MW pour 1 800 MWh, trois nouveaux postes électriques de 220 kV, la modernisation de quatre postes existants et environ 116 kilomètres de lignes destinées à relier les différentes infrastructures.
Avec une capacité de stockage de 1 800 MWh pour une puissance maximale annoncée de 488 MW, les batteries représenteraient théoriquement environ 3,7 heures de fonctionnement à pleine puissance, selon un calcul de Lepoint.cd effectué à partir des caractéristiques communiquées. Leur fonction dépasse cependant le simple déplacement de l’électricité solaire entre la journée et les périodes sans ensoleillement. Le dispositif est présenté comme utilisant une technologie dite « grid-forming », conçue pour contribuer au maintien de la fréquence et de la tension du système électrique et permettre le fonctionnement isolé de certaines charges industrielles lors de perturbations du réseau.
L’électricité devient une condition de l’expansion de TFM et KFM
L’investissement énergétique accompagne une forte augmentation des capacités minières de CMOC en RDC. Le groupe détient 80 % de Tenke Fungurume Mining et 71,25 % de Kisanfu Mining. À fin 2025, TFM disposait d’une capacité annuelle supérieure à 450 000 tonnes de cuivre, tandis que KFM dépassait 200 000 tonnes. Les deux opérations congolaises ont produit ensemble 741 100 tonnes de cuivre et 117 500 tonnes de cobalt en 2025.
Cette croissance augmente mécaniquement la demande électrique des installations d’extraction, de traitement et d’électrométallurgie. CMOC reconnaît depuis plusieurs années que la disponibilité de l’électricité constitue une contrainte particulière pour ses opérations africaines. Dans son rapport ESG 2023, le groupe qualifiait déjà la faiblesse de l’offre électrique locale de principal défi énergétique de ses sites africains et identifiait les renouvelables parmi les réponses nécessaires à l’électrification et à la réduction de ses émissions.
Le besoin devrait encore augmenter. CMOC prévoit la mise en service de la phase II de KFM en 2027, avec 100 000 tonnes supplémentaires de capacité annuelle de production de cuivre. Pour un opérateur minier, sécuriser plusieurs centaines de mégawatts n’est donc pas seulement un objectif environnemental. La disponibilité et la stabilité de l’électricité conditionnent directement le taux d’utilisation des usines, les volumes produits et le recours aux solutions thermiques de secours.
Le système intégré actuellement en chantier vise précisément à permettre aux installations minières de continuer à fonctionner lorsque l’alimentation extérieure devient instable. Le stockage doit absorber une partie de l’électricité photovoltaïque, restituer cette énergie lorsque nécessaire et intervenir rapidement pour stabiliser le réseau interne. Cette architecture réduit ainsi l’exposition des opérations aux coupures tout en limitant le recours aux groupes électrogènes diesel.
CMOC multiplie les sources d’électricité dans le Lualaba
Le solaire et les batteries ne constituent pas le seul axe énergétique retenu par CMOC. En juin 2024, le groupe avait conclu un accord avec Lualaba Power pour le développement de Nzilo II, une centrale hydroélectrique de 200 MW sur la rivière Lualaba. Le projet prévoit également d’utiliser le système hydraulique pour mieux intégrer de l’électricité solaire, avec l’objectif de renforcer l’approvisionnement des activités minières et industrielles de la région.
Cette combinaison entre hydraulique, photovoltaïque, batteries et réseau haute tension traduit une évolution du modèle énergétique des grandes mines du Copperbelt congolais. La capacité de production minière ne dépend plus uniquement des réserves, des usines et de la logistique. Elle dépend aussi de la capacité des opérateurs à sécuriser leur propre approvisionnement électrique lorsque le réseau disponible ne peut suivre au même rythme.
Pour CMOC, l’indicateur à suivre sera désormais la mise en service effective des différentes composantes annoncées et leur contribution à l’alimentation de TFM et KFM. Avec l’extension de KFM attendue en 2027, la disponibilité réelle des 623 MWp solaires et des 1 800 MWh de stockage permettra de mesurer la place que cette nouvelle infrastructure prendra dans la prochaine hausse de production du groupe en RDC.
— Peter MOYI









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