Le Fonds de Régulation Économique et Mighty Land Investment Group ont signé le 14 septembre un protocole d’accord pour accompagner la réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Lubilanji I. Le projet n’est pas nouveau : l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité l’avait déjà approuvé en 2023, avec une ambition pouvant atteindre 12 MW contre une production alors estimée à seulement 3,2 MW.
Le projet hydroélectrique de Lubilanji I revient dans l’agenda économique du Kasaï Oriental. Le Fonds de Régulation Économique, FOREC, et Mighty Land Investment Group ont signé lundi 14 septembre 2026 un protocole d’accord portant sur l’accompagnement de la réhabilitation de cette centrale appartenant à la Minière de Bakwanga, MIBA.
L’objectif annoncé est de renforcer l’approvisionnement électrique de Mbuji-Mayi et de réduire l’une des contraintes qui pèsent sur les entreprises de la région. Une alimentation plus régulière pourrait diminuer le recours aux groupes électrogènes, dont le carburant augmente fortement le coût de production des industriels, commerces et autres opérateurs économiques.
Mais le nouveau protocole ne constitue pas le lancement initial du projet. Mighty Land travaille sur Lubilanji I depuis au moins 2023. Cette année-là, l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité, ARE, avait traité la demande de concession de production introduite par l’entreprise et rendu un avis favorable. La concession concernait une centrale pouvant atteindre une capacité de 12 MW sur la rivière Lubilanji, dans le territoire de Katanda.
Le rapport annuel 2023 de l’ARE faisait apparaître une situation énergétique particulièrement dégradée. Parmi les trois centrales hydroélectriques de la MIBA – Lubilanji I, Lubilanji II et Tshiala – seule Lubilanji I était alors opérationnelle, avec une production d’environ 3,2 MW, alors que leur puissance installée cumulée atteignait 18,4 MW. L’écart de 15,2 MW était principalement attribué aux pannes de turbines et d’autres équipements.
Entre 8,128 MW techniquement présentés et un objectif pouvant atteindre 12 MW
Les documents réglementaires permettent surtout de préciser ce que pourrait produire la réhabilitation. L’objectif général présenté à l’ARE prévoit une montée possible jusqu’à 12 MW, destinée à alimenter la MIBA, la Regideso, la population de Mbuji-Mayi et les industries locales. Toutefois, la solution technique alors présentée reposait sur quatre turbines de 2,032 MW chacune, soit une puissance totale de 8,128 MW.
Par rapport aux 3,2 MW observés dans l’état des lieux de 2023, atteindre 8,128 MW représenterait une multiplication de la capacité effectivement produite par environ 2,5, tandis qu’un passage à 12 MW la multiplierait par 3,75. Ces comparaisons utilisent toutefois comme base la production constatée en 2023 et ne préjugent pas de la puissance effectivement disponible en septembre 2026.
L’ARE indiquait également que le projet avait progressé jusqu’à la signature d’un contrat avec l’autorité provinciale du Kasaï Oriental et qu’un démarrage des travaux était alors envisagé au début de 2024. La signature intervenue cette semaine avec le FOREC montre donc que le chantier entre aujourd’hui dans une nouvelle séquence d’accompagnement plutôt que dans sa phase initiale de conception.
Le projet figure aussi dans le programme continental de modernisation des centrales hydroélectriques soutenu par la Banque africaine de développement. Mighty Land fait partie des bénéficiaires identifiés de l’Africa Hydropower Modernisation Programme, conçu pour réhabiliter des centrales existantes et rendre des projets suffisamment bancables pour attirer ensuite des financements privés ou institutionnels.
Le FOREC élargit son intervention vers les coûts structurels
La participation du FOREC apporte une dimension économique particulière au projet. Créé initialement pour assister le Gouvernement dans la stabilisation des prix et l’approvisionnement du marché, le Fonds a été redynamisé par une réforme de 2025 afin de devenir un instrument plus opérationnel d’intervention économique. Le ministère de l’Économie le présente désormais comme un outil capable d’agir également sur les déséquilibres structurels qui influencent les prix et l’offre.
Fin août, le FOREC avait déjà engagé environ 2,4 millions USD avec la Régie des Voies Fluviales pour améliorer près de 2 300 kilomètres de voies navigables et réduire les coûts logistiques dans plusieurs bassins de production. Son implication dans Lubilanji I prolonge cette logique en ciblant cette fois l’énergie, autre composante déterminante du coût de production.
Le principal indicateur à suivre sera désormais le passage du protocole d’accord à l’exécution physique. Le calendrier des travaux, le financement mobilisé, la puissance effectivement restaurée et les conditions de vente de l’électricité permettront de mesurer si Lubilanji I peut réellement réduire le déficit énergétique qui freine l’activité économique à Mbuji-Mayi.
H. KABAMBA









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