Le directeur général d’Expertise France, Jérémie Pellet, effectue une mission en RDC cette semaine avec un agenda centré sur la santé, l’enseignement supérieur et la formation technique. Le 16 septembre, l’agence doit inaugurer à l’ISTA un centre consacré à la maintenance des équipements de laboratoire, composante d’un programme LABOH-KIN financé à hauteur de 12 millions d’euros par l’AFD.
La coopération française en République démocratique du Congo cherche à déplacer une partie de ses investissements vers une contrainte souvent moins visible que la construction d’infrastructures sanitaires ou universitaires : la capacité locale à exploiter, entretenir et renouveler les équipements.
Jérémie Pellet, directeur général d’Expertise France, est en déplacement en RDC cette semaine aux côtés de la directrice générale déléguée Amélie Delaroche. Expertise France présente cette visite comme l’occasion de mettre en avant ses interventions dans la santé, l’enseignement supérieur, la gouvernance, l’inclusion économique et sociale ainsi que la formation technique. L’agence est une filiale du groupe Agence française de développement.
Le principal rendez-vous prévu dans le secteur sanitaire est l’inauguration, mercredi 16 septembre, d’un Centre de formation en maintenance de laboratoire à l’Institut supérieur des techniques appliquées, ISTA. Le dispositif doit notamment comprendre un atelier pratique et une bibliothèque destinés à la formation en maintenance biomédicale.
Cette infrastructure s’inscrit dans LABOH-KIN, programme de 12 millions d’euros financé par l’AFD et mis en œuvre par Expertise France. Il vise à améliorer les capacités des laboratoires de Kinshasa et leur contribution à la surveillance épidémiologique. Expertise France indiquait en mai que le projet intervenait dans six zones de santé périphériques de la capitale et avait également formé les acteurs des 35 zones de santé de Kinshasa à la surveillance intégrée des maladies et à la riposte.
En juillet, l’AFD précisait que LABOH-KIN avait permis la construction et l’équipement de cinq laboratoires, la création d’un atelier de biomaintenance et la formation de près de 300 professionnels de santé. Plus de deux millions d’habitants doivent bénéficier d’un accès amélioré aux examens biologiques, selon l’agence.
La maintenance devient une condition de rentabilité des investissements sanitaires
L’intérêt économique du centre de l’ISTA réside dans la durée de vie des investissements. Un laboratoire équipé mais privé de techniciens capables de diagnostiquer une panne, assurer la maintenance préventive ou remplacer correctement un composant peut rapidement voir son niveau de service se dégrader.
Le développement de compétences locales en biomaintenance réduit donc potentiellement les immobilisations prolongées d’équipements, les coûts de recours à des interventions extérieures et les délais de remise en service. Il permet également de protéger plus longtemps la valeur des investissements réalisés par l’État et ses partenaires.
Cette logique rejoint l’autre volet de la mission d’Expertise France, consacré à l’enseignement supérieur. Le Projet d’appui à l’enseignement supérieur, PAES, accompagne la modernisation des formations scientifiques et d’ingénierie, le renouvellement du corps professoral, la recherche et les partenariats entre établissements congolais et français. Jérémie Pellet doit notamment rencontrer des bénéficiaires de bourses doctorales.
Le PAES cible notamment les sciences de l’ingénieur, domaine que le communiqué relie aux besoins futurs du pays dans des secteurs comme l’hydroélectricité et le projet Inga. L’AFD indiquait précédemment que le programme devait soutenir des laboratoires de recherche et plusieurs établissements d’enseignement supérieur dans différentes provinces.
La mission intervient dans un portefeuille français déjà important. En juillet, le groupe AFD indiquait soutenir 35 projets représentant plus de 700 millions d’euros en RDC, dans la santé, l’éducation, la formation, les services publics et d’autres secteurs.
Pour Expertise France, le test sera désormais moins le montant des équipements installés que leur utilisation dans la durée. Le nombre de techniciens formés, le taux de disponibilité des laboratoires et la capacité des établissements congolais à maintenir eux-mêmes leurs équipements permettront de mesurer si l’investissement dans les compétences produit les effets recherchés.
À propos d’Expertise France
Agence publique, Expertise France est l’acteur interministériel de la coopération technique
internationale et une filiale du groupe Agence française de développement (AFD). La RDC est
le premier pays d’intervention d’Expertise France en Afrique subsaharienne. Implantée dans
le pays depuis 2022, l’agence dispose depuis 2024 d’une Direction pays à Kinshasa et y
intervient dans plusieurs domaines, notamment le développement durable, l’enseignement
supérieur, l’inclusion économique et sociale, la santé, la gouvernance, ainsi que la paix et la
sécurité.









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