À Goma, la vie quotidienne se transforme en une épreuve de survie économique. Depuis que les institutions financières ont fermé leurs portes, la population se retrouve à jongler avec une multitude de taux de change, chacun dicté par le type de transaction et l’intermédiaire impliqué. Par exemple, pour régler une facture d’électricité de 10 dollars, la Société Nationale d’Électricité (SNEL) applique un taux de 28 500 francs congolais (CDF), tandis que les fournisseurs privés comme Virunga et Socode exigent 32 000 CDF pour le même montant. Les cambistes, quant à eux, proposent le dollar à 33 000 CDF à la vente et l’achètent à 30 000 CDF. Les frais scolaires sont facturés au taux de 35 000 CDF, et les retraits via Mobile Money s’effectuent à 28 500 CDF.
Cette disparité des taux, en l’absence de régulation officielle, engendre une confusion généralisée. Les habitants, déjà éprouvés par les conflits et les déplacements, expriment leur frustration face à ce qu’ils perçoivent comme un « désordre organisé » où l’économie locale semble livrée à elle-même.
La fermeture des banques, motivée par des raisons de sécurité, prive les habitants d’un accès fiable aux services financiers. Cette situation a favorisé l’émergence d’un marché parallèle anarchique, dominé par les cambistes et les prestataires informels de Mobile Money, qui imposent leurs propres taux sans aucune régulation.
Dans ce contexte, la population se tourne massivement vers les services électroniques, notamment le Mobile Money. Cependant, cette solution, bien que vitale, révèle une économie de survie marquée par des frais de retrait jugés abusifs, atteignant jusqu’à 20 % du montant transféré. Les utilisateurs doivent souvent céder un pourcentage de leur argent pour accéder aux liquidités, aggravant ainsi leur précarité.
Face à cette situation, les habitants de Goma lancent un cri d’alarme sur les réseaux sociaux, appelant l’autorité de facto qui occupe la ville à agir pour stabiliser le marché du taux de change et soulager les familles confrontées à une grande misère.
— M. KOSI


