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Changement à la tête de la Banque Centrale : André Wameso hérite d’une institution ayant freiné l’inflation de 21,8 % à 7,9 % en douze mois

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Ce lundi 4 août, la Banque Centrale du Congo a tourné une page importante de son histoire. Dans la salle feutrée où s’est déroulée la passation de pouvoirs, le Ministre des Finances Doudou Fwamba Li-Botayi a officiellement installé André Wameso Nkwaluloki au poste de Gouverneur de la BCC, suivant l’ordonnance présidentielle publiée à la mi-juillet.

Les mots du Ministre à l’attention de sa prédécesseure, Mme Malangu Kabedi Mbuyi, n’avaient rien d’anodin. Première femme à occuper cette fonction stratégique, elle laisse derrière elle une institution qui a su, selon les termes du Ministère, « remettre sur pied des équilibres macroéconomiques fragilisés ». Il faut dire que la période écoulée a été marquée par des soubresauts économiques inédits, mais la coopération étroite entre la BCC et le Gouvernement s’est révélée payante. À preuve, le ralentissement impressionnant de l’inflation : celle-ci, qui culminait à 23,8 % à la fin 2023, n’atteignait plus que 7,9 % en glissement annuel à fin juillet 2025. Une chute nette, presque trois fois moindre en douze mois.

Cette amélioration ne se limite pas à l’évolution des prix. Sur le front du taux de change, le franc congolais a mieux résisté aux tempêtes : sa dépréciation annuelle s’est établie à moins de 1 %, là où 2023 avait vu un repli de 6,2 %. Derrière ces chiffres, une stratégie concertée, articulant politique monétaire et rigueur budgétaire. Une combinaison dont s’est félicité le Ministre des Finances, saluant le dialogue permanent établi sous l’ancienne gouvernance de la BCC.

Remise est reprise à la BCC

La nomination d’André Wameso, haut fonctionnaire reconnu pour son approche technique et sa maîtrise des rouages financiers, marque une forme de continuité. Devant les cadres de la Banque Centrale, le Ministre n’a pas caché les attentes du Gouvernement : garder le cap, approfondir la collaboration avec l’Exécutif, et garantir la stabilité monétaire au bénéfice du pouvoir d’achat des Congolais. Le défi reste immense, tant les incertitudes extérieures – prix des matières premières, conjoncture internationale – pèsent encore sur l’équilibre congolais.

La Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, par la voix du Ministre, a tenu à féliciter le nouveau Gouverneur. Pour la BCC, il s’agit désormais de transformer l’essai, en consolidant les acquis de la stabilité, mais aussi en restant vigilant face aux risques d’une économie qui, pour reprendre une image de Jeune Afrique, « avance comme un véhicule sur une route encore cabossée ».

La question demeure : la nouvelle équipe saura-t-elle préserver ce fragile équilibre, tout en soutenant une croissance durable ? L’histoire récente rappelle que la crédibilité d’une banque centrale ne se joue pas seulement sur les chiffres, mais aussi sur la capacité à anticiper et à s’adapter. Les prochains mois seront déterminants pour le duo Gouvernement-BCC.

— M. KOSI

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