Au début de l’année 2024, une étude approfondie menée par le gouvernement congolais a révélé des difficultés croissantes pour une majorité de la population à accéder à un panier alimentaire de base, incluant le maïs, la farine de manioc, l’huile, le sel, et les haricots. Calculé pour une famille de cinq personnes, ce panier est désormais un indicateur clé de la précarité alimentaire dans le pays.
Lors d’un briefing du 12 août, le vice-premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a annoncé que 70 % des foyers congolais éprouvent des difficultés à acheter ces produits essentiels. Ce chiffre alarmant met en lumière une situation critique qui pousse le gouvernement à agir.
Réduction des charges d’importation : une réponse directe à la crise alimentaire
Pour contrer cette crise, le gouvernement a décidé de réduire les charges sur les importations afin de faire baisser le coût des produits alimentaires de base. Cette mesure vise particulièrement le maïs, dont le prix avait atteint 100 000 francs pour un sac de 25 kilos en 2023. « Nous devons éviter que les prix ne flambent comme l’année précédente, » a souligné Daniel Mukoko. En réduisant les coûts liés aux importations, le gouvernement espère stabiliser les prix et alléger le fardeau pesant sur les ménages.
Stratégie agricole renforcée pour une autosuffisance alimentaire
En parallèle des mesures immédiates, une campagne agricole ambitieuse sera lancée dans les prochains mois. Le gouvernement a déjà alloué des fonds pour cette initiative, qui cible des produits clés tels que le manioc, le maïs, le soja, les haricots et le riz. Cette campagne vise à améliorer la production locale et réduire la dépendance aux importations.
Daniel Mukoko Samba a précisé : « Nous devons investir dans la production locale pour garantir une meilleure autosuffisance alimentaire. Le gouvernement se concentre sur l’amélioration des semences et la revitalisation des centres de recherche agricoles, comme celui du Kasaï, afin de soutenir la production nationale. » Ce plan inclut également des efforts pour augmenter la disponibilité des semences et moderniser les infrastructures de recherche.
Subvention des produits pétroliers : un soutien à la consommation
Pour compléter ces efforts, le gouvernement continue de subventionner les prix des produits pétroliers afin de maintenir des tarifs accessibles pour les consommateurs. Actuellement, les subventions varient entre 2 100 et 2 300 francs par litre. « Ces subventions sont essentielles pour atténuer l’impact de l’inflation sur les coûts de la vie, » a déclaré le ministre. Cette politique vise à soutenir les familles en période de hausse des prix et à stabiliser le marché intérieur.
En résumé, le gouvernement congolais met en œuvre une série de mesures destinées à alléger la pression économique sur les ménages. De la réduction des charges d’importation à la promotion de l’autosuffisance alimentaire, ces initiatives reflètent une volonté d’améliorer les conditions de vie des Congolais tout en préparant l’économie à mieux résister aux fluctuations du marché mondial.
M.KOSI





