spot_imgspot_imgspot_imgspot_img

RDC : 76 % du cobalt mondial, mais 81,7 % des habitants vivent dans la pauvreté

Partager

La République démocratique du Congo produit environ 76 % du cobalt mondial, selon la Banque mondiale dans son rapport de mars 2026. Ce minerai, utilisé dans les batteries de voitures électriques, les téléphones et plusieurs technologies liées à l’énergie, place le pays au centre de la transition énergétique. Pourtant, dans le même temps, 81,7 % des Congolais vivent sous le seuil de pauvreté, avec moins de 3 dollars par mois.

Ce contraste résume une réalité économique persistante. Malgré l’abondance des ressources minières, la richesse produite ne se reflète pas dans le quotidien de la population. Le cobalt génère des revenus importants à l’exportation, mais ces recettes ne se traduisent pas suffisamment en services publics, en infrastructures ou en amélioration du pouvoir d’achat.

Une richesse minière qui se diffuse peu dans l’économie

Plusieurs mécanismes expliquent cet écart entre ressources et niveau de vie. Une partie des revenus issus du secteur minier échappe aux circuits économiques nationaux ou reste concentrée entre un nombre limité d’acteurs. Certains contrats signés dans le passé réduisent aussi la part des recettes qui revient à l’État, ce qui limite sa capacité à financer des politiques publiques.

La question de la gouvernance joue également un rôle central. Le manque de transparence dans la gestion des revenus miniers complique leur redistribution vers les secteurs essentiels comme la santé, l’éducation ou les infrastructures. Dans ce contexte, les entreprises publiques, notamment la Gécamines, peinent à créer de la valeur durable. Leur contribution reste en deçà des attentes, alors qu’elles devraient être un levier pour capter une plus grande part des revenus du secteur.

Au final, l’économie congolaise reste peu diversifiée et fortement dépendante des matières premières. Cela rend le pays vulnérable aux fluctuations des prix internationaux et limite la création d’emplois locaux. Le cas de la RDC illustre ainsi une situation bien connue : disposer de ressources naturelles importantes ne garantit pas une amélioration du niveau de vie si les revenus sont mal répartis ou insuffisamment investis dans l’économie réelle.

— Joldie KAKESA

En savoir +

A la Une