Le 13 avril 2026, Copper Intelligence Inc., société détentrice des droits du projet cuprifère de Butembo, a annoncé la nomination d’Enrique (Ric) Prado, ancien agent de la CIA, au sein de son conseil d’administration. Dans son communiqué, l’entreprise ne précise pas les fonctions exactes qu’il devra occuper dans le suivi ou le développement du projet minier situé dans le Nord-Kivu, laissant plusieurs zones d’ombre sur la portée réelle de cette arrivée.
Selon sa biographie publique, Enrique Prado est né en mai 1951 à Cuba avant d’immigrer aux États-Unis en 1962. Il rejoint l’armée américaine au début des années 1970, où il occupe des fonctions liées aux opérations de secours et à l’assistance médicale, puis sert dans une unité des forces spéciales. Il quitte l’armée en 1976 avec le grade de sergent avant d’intégrer la CIA en 1980, institution au sein de laquelle il évoluera jusqu’en 2004. Après son départ du renseignement américain, il s’oriente vers le secteur privé et devient vice-président chargé des programmes gouvernementaux spéciaux chez Blackwater entre 2004 et 2010, une société de sécurité privée fondée par Erik Prince.
Un projet minier dans un environnement sécuritaire tendu
Le projet cuprifère de Butembo est implanté dans la chefferie de Bashu, dans une zone du Nord-Kivu régulièrement confrontée à des épisodes d’insécurité. Plusieurs attaques y sont attribuées aux Allied Democratic Forces (ADF), un groupe armé actif dans l’est de la République démocratique du Congo, ce qui complique l’exécution des activités économiques et minières sur le terrain.
Dans ce contexte, l’arrivée d’un profil ayant une longue expérience des opérations sensibles et de la sécurité internationale est perçue comme un élément susceptible de renforcer la capacité de l’entreprise à gérer les risques opérationnels. Copper Intelligence n’a toutefois pas communiqué sur un mandat spécifique lié à la sécurité ou à la protection des installations.
Sur le plan opérationnel, le projet reste en phase d’exploration. L’entreprise indique qu’une campagne de forage est actuellement en cours afin d’évaluer le potentiel géologique du site. Les premiers résultats sont attendus au début du mois de mai 2026 et devraient permettre de déterminer la qualité ainsi que l’ampleur des ressources en cuivre disponibles.
Cette étape d’exploration constitue un passage déterminant avant toute décision d’investissement plus importante. Elle permet de réduire les incertitudes techniques et d’orienter les choix futurs liés à une éventuelle mise en exploitation industrielle.
Dans une région où les projets miniers doivent composer avec des contraintes logistiques et sécuritaires persistantes, les résultats de cette phase de forage seront scrutés de près par les acteurs du secteur.
— Peter MOYI


