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Croissance en RDC : l’économie ralentit à 5,3 % en 2025, mais l’inflation recule nettement

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La Banque Centrale du Congo vient de publier ses prévisions : la croissance de l’économie congolaise devrait atteindre 5,3 % en 2025, après une année 2024 bouclée à 6,5 %. Si ce rythme affiche un léger repli, le secteur minier continue de porter à bout de bras l’activité du pays, rappelant que l’or, le cuivre et le cobalt restent la colonne vertébrale du PIB. Rien d’anormal pour un territoire qui mise toujours sur ses sous-sols, mais la surprise vient d’ailleurs.

Ce qui retient l’attention, c’est la détente progressive des prix à la consommation. La troisième semaine de juillet 2025, l’inflation hebdomadaire n’a progressé que de 0,13 %. Un chiffre un peu inférieur à celui de la semaine précédente (0,14 %), mais qui, sur l’année, change la donne : depuis janvier, l’inflation cumulée plafonne à 4,64 %, loin derrière le 8,32 % observé à la même période douze mois plus tôt. Sur douze mois glissants, la tendance est tout aussi marquée : 7,89 %, alors qu’elle dépassait 15 % à l’été 2024.

Pourquoi ce ralentissement ? Les explications avancées par la Banque Centrale tiennent à la trajectoire des prix dans l’alimentation, l’énergie, les transports et le logement. Ces quatre composantes, très exposées à la volatilité internationale, semblent pour l’instant jouer la carte de la retenue, ce qui donne une bouffée d’air à un panier de la ménagère encore fragile.

En toile de fond, la RDC n’échappe pas aux incertitudes du contexte mondial : perturbations logistiques, hésitations sur les cours des matières premières, pression sur les importations. Pourtant, la stabilité monétaire se consolide, même si la croissance marque le pas. L’institut d’émission insiste d’ailleurs : la coordination entre politique monétaire et pilotage budgétaire reste indispensable pour préserver les équilibres.

La Banque Centrale du Congo multiplie d’ailleurs les recommandations, invitant à :

  • Poursuivre le suivi des liquidités bancaires, pour éviter tout emballement ;
  • Muscler les politiques d’appui au secteur agricole, afin d’accroître la production locale et réduire la dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs ;
  • Moderniser les infrastructures pour fluidifier les échanges et attirer davantage d’investissements ;
  • Accélérer la diversification de l’économie, en misant sur les réformes structurelles, face à la montée des tensions commerciales.

Pour illustrer ces défis, rappelons que la RDC dépend encore fortement de ses recettes minières, un point soulevé récemment par le FMI dans son dernier rapport. Une diversification économique s’impose si le pays veut limiter son exposition aux fluctuations mondiales.

Au fond, la question reste ouverte : la RDC saura-t-elle transformer ce début de stabilisation monétaire en un élan durable pour la croissance ? Tout l’enjeu est là : faire du repli de l’inflation et de la modération des prix un socle solide pour le développement, sans s’en remettre uniquement à la conjoncture minière.

— M. KOSI

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