Les cours des matières premières ont évolué de manière contrastée entre le 15 et le 22 mai 2026. Selon la dernière note de conjoncture économique de la Banque Centrale du Congo (BCC), le pétrole a enregistré une baisse de 5,2 % sur une semaine, tandis que le cuivre a poursuivi sa progression et que le cobalt est resté à un niveau élevé. Pour la République démocratique du Congo, dont les recettes extérieures dépendent largement du secteur minier, cette évolution reste globalement favorable malgré certaines pressions observées sur les marchés internationaux.
Les minerais continuent de soutenir les recettes d’exportation
Le prix du pétrole est revenu à 103,5 dollars le baril contre 109,18 dollars une semaine plus tôt. Cette baisse de 5,2 % s’explique principalement par les attentes des investisseurs concernant une éventuelle détente des tensions au Moyen-Orient. Lorsque les risques géopolitiques diminuent, les marchés anticipent généralement une meilleure stabilité de l’approvisionnement mondial, ce qui tend à faire reculer les prix. Pour la RDC, qui exploite du pétrole dans la région de Muanda, cette évolution pourrait réduire une partie des revenus tirés des exportations pétrolières. Toutefois, le poids du pétrole dans l’économie congolaise reste aujourd’hui largement inférieur à celui du secteur minier.
Le cuivre continue en revanche de profiter d’un contexte favorable. La tonne s’est négociée à 13 669 dollars au 22 mai, en hausse de 0,9 % sur une semaine. Depuis le début de l’année, le métal rouge affiche une progression de 8,9 %, tandis que sur douze mois la hausse atteint 45,8 %. Cette évolution constitue une bonne nouvelle pour la RDC, premier producteur africain de cuivre. Des prix élevés se traduisent généralement par davantage de recettes d’exportation, une augmentation des revenus fiscaux et des entrées plus importantes de devises dans l’économie nationale. La demande mondiale reste portée par les investissements liés à la transition énergétique, aux véhicules électriques, aux réseaux électriques ainsi qu’aux infrastructures industrielles.
Le cobalt conserve également des niveaux élevés. Son prix est resté pratiquement stable à 55 604 dollars la tonne au cours de la période sous revue. Malgré cette stabilité hebdomadaire, le minerai affiche une hausse de 6,7 % depuis la fin de l’année 2025 et de 68,4 % sur douze mois. Cette situation intervient après plusieurs mois de tensions sur le marché international du cobalt, notamment à la suite des mesures de régulation prises par la RDC, premier producteur mondial de ce minerai utilisé dans la fabrication des batteries. Pour les sociétés minières comme pour les finances publiques, ces prix demeurent favorables et contribuent au maintien d’un niveau élevé de recettes.
L’or a connu une légère correction. L’once s’est échangée à 4 524,9 dollars, soit un recul de 0,9 % sur une semaine. Malgré cette baisse, le métal précieux conserve une progression de 4,5 % depuis le début de l’année et de 37,3 % sur un an. Dans un contexte marqué par les incertitudes économiques et géopolitiques, l’or continue d’être recherché par les investisseurs comme valeur de protection.
Parallèlement, la BCC observe une hausse des prix des principales céréales importées par la RDC. Au 22 mai, le riz s’est établi à 286,8 dollars la tonne, le blé à 237,6 dollars et le maïs à 170,3 dollars. Sur une semaine, les augmentations atteignent respectivement 0,7 % pour le riz, 1,7 % pour le blé et 1,7 % pour le maïs. Comparées à la fin de l’année 2025, ces hausses deviennent beaucoup plus marquées, avec une progression de 30,8 % pour le riz, de 27,6 % pour le blé et de 5,1 % pour le maïs.
Cette évolution reste particulièrement surveillée dans un pays qui dépend encore fortement des importations alimentaires. Une augmentation durable des prix mondiaux du riz ou du blé peut se répercuter sur le coût des produits consommés localement et alimenter les tensions sur les prix intérieurs. Ainsi, même si les cours élevés du cuivre et du cobalt continuent de soutenir les recettes d’exportation et les réserves en devises de la RDC, la hausse persistante des produits alimentaires rappelle la nécessité d’accroître la production agricole nationale afin de réduire la dépendance du pays aux marchés extérieurs.
— Peter MOYI




