Du 19 au 23 janvier 2026, la République démocratique du Congo participe au World Economic Forum (WEF) de Davos. La présence du Chef de l’État, accompagné du Vice-Premier ministre en charge de l’Économie, vise à rassurer et à attirer des partenaires capables de financer des projets d’infrastructures sur plusieurs années.
À Davos, Kinshasa ne vient pas chercher des fonds « au comptoir ». Le forum sert surtout à installer une crédibilité, à tester des alliances et à ouvrir des discussions qui peuvent ensuite se traduire en contrats. Pour un investisseur, le décor compte moins que la question centrale : le pays peut-il garantir un cadre stable pour des projets longs, coûteux et exposés aux risques ?
Infrastructures, les investisseurs regardent aussi l’inflation, le change et la dette

Les infrastructures visées couvrent des secteurs clés : routes, ports, chemins de fer, énergie, eau, infrastructures urbaines et numériques. Le message est clair : la RDC veut des partenariats qui tiennent dans le temps, y compris via des partenariats public-privé (PPP), où l’État et le privé partagent financement, risques et parfois l’exploitation.
Mais un PPP ne se décide pas sur une poignée de main. Les investisseurs demandent des projets « bancables », c’est-à-dire des projets assez solides pour être financés. Cela passe par des études techniques robustes, un cadre juridique sécurisé, une fiscalité lisible et une gouvernance qui tranche une question simple : qui décide, qui exécute, qui contrôle, et avec quel calendrier.
Dans ce type de dossiers, la politique monétaire pèse plus qu’on ne le dit dans les discours. Un projet d’infrastructure s’achète en devises, se rembourse sur une longue période et dépend des conditions de financement. Les bailleurs et les investisseurs scrutent donc la stabilité des prix et la stabilité du change, car une inflation élevée et une monnaie sous pression augmentent les coûts, brouillent les prévisions et renchérissent les intérêts.
Même logique pour la dette et le risque pays. Si les marchés estiment que l’État peut avoir du mal à honorer ses engagements, le coût du crédit monte. Et quand le crédit coûte plus cher, plusieurs projets deviennent tout simplement plus difficiles à financer, même s’ils sont utiles.
Autre point devenu incontournable : les critères ESG (environnement, social, gouvernance). Les partenaires veulent des garanties sur l’impact environnemental, la gestion sociale, la transparence et les mécanismes de contrôle. Aujourd’hui, ces exigences conditionnent l’accès à une partie des financements de long terme.
Le texte insiste aussi sur les atouts de la RDC : position géographique, potentiel hydroélectrique, ressources stratégiques, marché intérieur. Ces avantages peuvent compter, à condition de les transformer en projets prêts à exécuter, avec un cadre stable et des institutions capables de suivre les engagements pris.
Le vrai test viendra après Davos, une fois les rendez-vous terminés. La réussite se mesurera dans la capacité à assurer le suivi, à coordonner l’administration, à exécuter avec discipline et à rendre le processus lisible. Les investisseurs écouteront les annonces, puis ils regarderont la suite, dossier par dossier, chantier par chantier.
— Peter MOYI

