La République Démocratique du Congo a déposé, le 1er décembre 2025 à Paris, sa candidature pour abriter le Bureau régional Afrique du Centre du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI-AC). Kinshasa veut ainsi montrer qu’elle se voit comme un pays de recours pour les investisseurs et pour le règlement des conflits économiques.
Une candidature pour renforcer la place de la RDC auprès des investisseurs
Selon le ministère du Commerce extérieur, qui a annoncé la nouvelle dans un communiqué relayé par Zoom-eco.net, la RDC met en avant douze arguments pour porter cette candidature. Le cœur du message est simple : le pays se trouve « au centre de l’Afrique » et modernise progressivement son droit des affaires avec l’Ohada, ce qui offre plus de facilités aux investisseurs.
La RDC rappelle aussi sa position géographique. Elle partage ses frontières avec neuf pays et se trouve au milieu d’un marché potentiel estimé à près de 450 millions de consommateurs. Pour un bureau régional du CIRDI, cette proximité avec plusieurs économies peut représenter un atout réel. Mais cette force reste liée à un progrès concret des routes, des ports, des services publics et des procédures administratives, que beaucoup d’acteurs jugent encore inégaux sur le terrain.
Les spécialistes du droit des investissements insistent sur un autre point : la RDC possède d’importantes ressources minières stratégiques. Les litiges entre États et investisseurs y sont possibles, voire fréquents, car les montants en jeu sont élevés. Installer un bureau régional du CIRDI dans un pays au cœur de ces enjeux donnerait un accès plus direct aux parties prenantes, qu’il s’agisse des États, des entreprises ou de leurs conseils.
Mais cette richesse attire aussi les regards sur la qualité de la gouvernance. Pour rassurer les investisseurs, le pays doit offrir un cadre juridique plus prévisible, des décisions plus stables et des institutions capables d’appliquer les règles sans pression politique. C’est sur ce point que se jouera en partie la crédibilité de la candidature congolaise.
Le gouvernement affirme avoir déjà prévu un engagement financier dans le budget 2026 pour équiper le futur bureau si la candidature aboutit. Ce signal vise à montrer que Kinshasa ne se limite pas à une annonce politique et se prépare à assumer les charges matérielles liées à l’accueil d’une telle structure.
Si la RDC obtient ce bureau régional, elle gagnera en visibilité dans la diplomatie économique africaine. Le pays pourrait devenir un lieu de référence pour le règlement des différends entre investisseurs et États en Afrique centrale, ce qui pèserait sur la perception de son climat des affaires et de son sérieux vis-à-vis des engagements pris avec ses partenaires.
— M. KOSI


