La République démocratique du Congo a conclu avec la Banque mondiale un accord de financement d’un montant total de 1,9 milliard de dollars, marqué par la signature officielle à Kinshasa en présence du Ministre d’État en charge du Budget, Aimé Boji Sangara Bamanyirwe. Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a scellé cet engagement avec Albert Zeufack, Directeur des opérations de la Banque mondiale.
Cette enveloppe soutient cinq projets essentiels à la stratégie économique de la RDC. Parmi eux, 600 millions de dollars sont alloués à un appui budgétaire, ciblant notamment des réformes dans le secteur éducatif, point névralgique pour le développement social et la compétitivité à moyen terme. La Banque mondiale injecte également 400 millions pour la transformation numérique du pays, complétés par 100 millions d’euros provenant de l’Union européenne, un investissement majeur qui doit accélérer la modernisation des services publics et stimuler l’économie digitale.
Le financement prévoit aussi un apport de 250 millions de dollars pour le projet Grand Inga III, en avance sur une enveloppe globale d’un milliard de dollars destinée à la production hydroélectrique, vitale pour répondre aux besoins énergétiques d’un pays à forte croissance démographique. Par ailleurs, 200 millions sont destinés à renforcer la résilience face aux inondations urbaines à Kinshasa et Kalemie, ce qui témoigne d’une prise en compte accrue des risques climatiques dans la gestion des infrastructures. Le développement des infrastructures de transport, reliant l’Est à l’Ouest du pays, complète ce dispositif, bien que le montant exact de cette tranche n’ait pas été précisé.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants, Albert Zeufack a souligné la qualité de la coopération avec les autorités congolaises, soulignant que ces fonds représentent une mobilisation continue malgré les contraintes locales. Pour sa part, le Ministre des Finances a mis en avant l’intégration de ces projets dans le programme d’action gouvernemental 2025-2028, qui vise à restructurer l’État et à améliorer durablement les conditions de vie.
L’accord illustre une démarche pragmatique, combinant soutien budgétaire et financement sectoriel, essentielle pour stabiliser la trajectoire macroéconomique et renforcer les capacités de l’État à investir dans des secteurs clés. Il faudra toutefois observer la mise en œuvre effective de ces engagements dans un environnement économique et politique complexe, où la rigueur financière doit s’accompagner d’une gestion transparente et efficace des ressources.
— M. MASAMUNA

