À Mambasa (Ituri), COMOI-SARL affirme que la société chinoise Ding Sheng exploite de l’or sur ses périmètres de recherche, en infraction au Code minier, et réclame 10 millions USD de réparation. Les permis cités : 16 133, 16 188 et 16 325.
Titres miniers, machines et responsabilités publiques
COMOI-SARL, issue de l’initiative de la coopérative COMOI COOP-CA, dit avoir constaté des travaux d’extraction d’or opérés par Ding Sheng SARL sur des zones qu’elle considère comme légalement réservées à ses recherches dans le territoire de Mambasa. La société congolaise se présente comme détentrice exclusive des permis de recherche n° 16 133, 16 188 et 16 325, régulièrement enregistrés auprès des autorités compétentes. Elle évoque l’usage de plusieurs excavatrices et un non-respect des règles qui encadrent la recherche et l’exploitation.
Dans une plainte adressée à l’Inspection générale des Mines (IGM) à Kinshasa, COMOI-SARL demande la suspension immédiate des activités de Ding Sheng, la saisie du matériel sur site et une indemnisation de 10 millions USD pour compenser les pertes alléguées. Son directeur général, David Batchu, accuse nommément Ding Sheng SARL et cite les opérateurs SHI GUOMIN et JIAO YUJIE comme responsables des activités décriées :
« Il a été constaté que Ding Sheng SARL procède à l’extraction illicite d’or dans nos périmètres, en violation du Code minier. »
Des sources proches de la Division provinciale des Mines en Ituri indiquent qu’une mission d’inspection aurait confirmé la présence d’activités de Ding Sheng dans des zones couvertes par les titres de COMOI-SARL. Le dossier a été transmis à plusieurs échelons locaux : Lutte contre la criminalité économique et financière (PNC/Ituri), administration du territoire de Mambasa et bureau minier local.
L’affaire relance les interrogations sur la gouvernance des titres et la discipline des opérations dans la province de l’Ituri. Des acteurs économiques y dénoncent la prolifération d’interventions non conformes au cadre légal, source de tensions récurrentes entre détenteurs de droits et opérateurs tiers. La clarification des responsabilités — titres, travaux autorisés, contrôles sur site, chaîne de traçabilité — relève des autorités compétentes, en particulier de l’IGM et des services miniers provinciaux.
COMOI-SARL inscrit sa démarche dans une vision de valorisation domestique des ressources et de promotion de l’entrepreneuriat national. La suite dépendra des constats officiels, des décisions de suspension ou de saisie qui pourraient être prises, et d’un éventuel processus d’indemnisation si la violation des droits miniers est établie.
— M. KOSI



