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RDC : China Railway et la MIBA préparent un projet de cuivre de 500 000 tonnes dans le Grand Kasaï

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China Railway Resources Universal Limited a présenté au ministère des Mines un projet de production de cuivre dans le Grand Kasaï, avec une capacité annoncée entre 200 000 et 500 000 tonnes par an. Le dossier, porté avec la MIBA, concerne les territoires de Miabi et Kabeya-Kamwanga au Kasaï-Oriental. S’il aboutit, ce projet pourrait déplacer une partie de l’activité cuprifère congolaise hors du Haut-Katanga et du Lualaba, qui concentrent aujourd’hui l’essentiel de la production nationale.

Le projet ouvre une nouvelle perspective pour une région longtemps associée au diamant. La MIBA, affaiblie depuis plusieurs années par des difficultés financières et opérationnelles, pourrait y trouver une nouvelle activité autour du cuivre et du cobalt. À pleine capacité, la production visée de 500 000 tonnes représenterait près de 15 % de la production annuelle récente de la RDC, estimée autour de 3,5 millions de tonnes. Pour le gouvernement congolais, ce type d’investissement peut aussi contribuer à rééquilibrer la géographie minière du pays et à attirer des infrastructures dans des provinces moins industrialisées.

Le volet énergétique fait également partie des éléments mis en avant dans le projet. China Railway prévoit une centrale hybride combinant hydroélectricité et énergie solaire, avec une capacité comprise entre 250 et 500 MW. Cette énergie doit alimenter les opérations minières, mais elle pourrait aussi réduire une partie du déficit électrique local si les installations sont étendues à d’autres usages économiques ou domestiques. Dans plusieurs zones minières congolaises, l’accès limité à l’électricité reste l’un des principaux freins au développement industriel.

China Railway Resources Universal Limited est déjà impliquée dans plusieurs projets en RDC, notamment dans le secteur des infrastructures et des mines. Cette expérience explique l’intérêt porté au dossier par Kinshasa. Mais les autorités devront aussi examiner les conditions économiques du partenariat, les engagements en matière d’infrastructures, les retombées fiscales et la place accordée à la transformation locale des minerais. La question reste sensible dans un pays qui cherche depuis plusieurs années à réduire sa dépendance à l’exportation de matières premières brutes.

Le projet intervient aussi dans un contexte où la RDC renforce sa position sur le marché mondial du cuivre. Le pays est devenu le deuxième producteur mondial derrière le Chili, grâce à la hausse des investissements miniers et à la demande internationale liée aux batteries, aux véhicules électriques et aux infrastructures énergétiques. Pour le Grand Kasaï, l’enjeu dépasse donc la seule ouverture d’une mine. Les attentes concernent aussi les emplois, les routes, l’électricité et la création d’une activité économique durable autour de la chaîne minière.

À ce stade, aucun calendrier précis n’a encore été communiqué concernant les études, le financement ou le démarrage de la production. Le gouvernement affirme suivre le dossier de près, mais la crédibilité du projet dépendra de la mobilisation effective des capitaux, des études techniques et des garanties offertes aux communautés locales.

— Joldie KAKESA

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