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Commerce extérieur : Intertek vise l’OCC alors que deux contrats de Bureau Veritas expirent en 2026

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Dernière mise à jour : mai 11, 2026 5:59 am
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il y a 1 mois
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Intertek veut entrer dans le contrôle du commerce extérieur en République démocratique du Congo. Le groupe britannique a proposé un partenariat public-privé avec l’État congolais à travers l’Office congolais de contrôle (OCC), alors que deux contrats stratégiques liés à Bureau Veritas arrivent à échéance en 2026. Le dossier concerne directement le contrôle des importations et des exportations, la numérisation des procédures commerciales et la sécurisation des recettes publiques.

Le 6 mai 2026, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a reçu à Kinshasa une délégation d’Intertek conduite par Jeremy Gaspard, vice-président chargé des services gouvernementaux et commerciaux. L’entreprise affirme vouloir accompagner l’OCC dans l’inspection, les tests physiques et la certification des produits importés et exportés. Cette initiative intervient dans un contexte où Bureau Veritas, à travers BIVAC et le consortium BIVAC-SOGET, occupe déjà une place importante dans les mécanismes de contrôle du commerce extérieur congolais.

Depuis plusieurs années, BIVAC assure la vérification de conformité des importations sous mandat de l’OCC. Le consortium BIVAC-SOGET gère aussi le Guichet unique intégral du commerce extérieur, un système destiné à centraliser et numériser les formalités administratives liées aux échanges commerciaux. Le contrat de concession de ce dispositif avait été signé le 5 octobre 2013. Selon Bankable, le contrat attribué à BIVAC en 2006 devrait arriver à échéance en novembre 2026, tandis que celui conclu avec BIVAC-SOGET prendrait fin en octobre 2026 après une prolongation de deux ans.

Le dossier dépasse la simple concurrence entre deux groupes internationaux. Il touche directement à la gestion des flux commerciaux, à la traçabilité des marchandises, au contrôle de la qualité des produits et à la mobilisation des recettes publiques. Dans un pays où les procédures administratives restent souvent longues et fragmentées, le choix du futur opérateur peut avoir un impact sur les coûts supportés par les entreprises, les délais de dédouanement et la transparence des opérations commerciales.

Le Gouvernement congolais poursuit depuis plusieurs années un processus de dématérialisation du commerce extérieur. En novembre 2025, le Comité de supervision de la réforme du Guichet unique avait indiqué que 67 documents sur les 77 composant la liasse documentaire du commerce extérieur étaient déjà numérisés. Cette réforme vise à réduire les délais administratifs, limiter les interventions multiples des services publics et renforcer la sécurité des transactions commerciales.

Malgré ces avancées, plusieurs opérateurs économiques continuent de dénoncer des lenteurs administratives, des procédures qui se chevauchent et une intégration encore incomplète entre les différentes administrations impliquées dans les importations, les exportations et le transit. Le contrat de concession avec Bureau Veritas et BIVAC-SOGET a d’ailleurs été examiné par une commission technique chargée d’évaluer ses modalités et de proposer d’éventuels ajustements.

Intertek tente donc de profiter de cette période de transition pour se positionner sur le marché congolais. Le groupe met en avant son expertise dans l’inspection et la certification des produits ainsi que sa présence dans 37 pays africains, selon le ministère du Commerce extérieur. Pour les autorités congolaises, l’enjeu ne concerne pas uniquement la continuité du service. Il s’agit aussi d’évaluer la capacité des futurs partenaires à améliorer les performances du système, réduire les coûts pour les opérateurs économiques et renforcer la compétitivité des produits congolais sur les marchés internationaux.

Aucun appel d’offres officiel n’a encore été lancé. Mais les discussions déjà engagées montrent que les entreprises concernées cherchent à se positionner avant l’ouverture formelle du processus. Pour la RDC, le choix à venir reste sensible. Un système de contrôle efficace peut limiter l’entrée de produits non conformes, accélérer les exportations et renforcer les recettes publiques. À l’inverse, des procédures lentes ou coûteuses peuvent freiner les échanges commerciaux et peser sur l’activité économique.

— Peter MOYI

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