Détournement de 938,7 millions usd à la SNEL : un réseau de corruption révélé par L’ASADHO

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La Société nationale d’électricité (SNEL) se retrouve une fois de plus sous le feu des projecteurs pour des pratiques financières douteuses. L’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO) a récemment dévoilé une affaire de détournement de fonds, accusant la SNEL de ne pas avoir versé près de 938,7 millions USD à la Direction générale des Douanes et Accises (DGDA).

Un système complexe de non-paiement

Selon les révélations de l’ASADHO, ce montant astronomique concerne des droits, taxes et amendes non payés, accumulés sur une période de dix ans, de 2014 à 2024. La situation trouve son origine dans l’importation d’énergie électrique pour le compte des entreprises minières opérant dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga. Ces entreprises, bien que s’étant acquittées des sommes dues à la douane par l’intermédiaire de la SNEL, n’ont jamais vu ces fonds transférés à la DGDA.

Le 8 mars 2024, la DGDA a officiellement réclamé cette somme à la SNEL, soulignant le manque de transparence dans la gestion des fonds perçus. L’ASADHO estime que cette pratique met en lumière un réseau de corruption profondément enraciné au sein de la société publique.

La réponse de la SNEL et les accusations de détournement

Face à ces accusations, la SNEL a sollicité l’intervention du ministère des Finances, cherchant à dégager les entreprises minières de toute responsabilité dans cette affaire. Cette démarche, loin de rassurer, a plutôt renforcé les soupçons autour des pratiques internes à la SNEL, laissant penser que l’entreprise elle-même serait à l’origine du détournement de ces fonds.

Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO, a appelé les autorités judiciaires à prendre des mesures fermes. « Un réseau mafieux de corruption est clairement à l’œuvre au sein de la SNEL », a-t-il affirmé, tout en demandant que la justice fasse la lumière sur cette affaire.

Une problématique récurrente en RDC

Le cas de la SNEL n’est pas isolé. La corruption et la mauvaise gestion des fonds publics continuent de peser lourdement sur l’économie congolaise. Selon le collectif « Congo n’est pas à vendre », les cas de détournement de fonds ont atteint près d’un milliard de dollars rien que pour le premier semestre de cette année, affectant gravement la confiance des investisseurs et de la population dans les institutions du pays.

Cette affaire met une fois de plus en exergue l’importance d’une réforme urgente des mécanismes de contrôle des entreprises publiques en RDC. La lutte contre la corruption nécessite une approche rigoureuse, avec des sanctions exemplaires à l’encontre des responsables impliqués, afin de restaurer l’intégrité des institutions nationales.

M. KOSI

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