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Dette extérieure de la RDC à 9,976 milliards USD fin 2025, les bailleurs multilatéraux concentrent 77 %

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À fin décembre 2025, l’encours de la dette extérieure de la République démocratique du Congo atteint 9,976 milliards USD, d’après la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2026-2028 publiée par la Direction générale de la dette publique (DGDP). La dette reste surtout portée par des financements multilatéraux, avec des conditions généralement plus souples que celles des marchés.

Les créanciers multilatéraux dominent largement la structure de cette dette. Ils concentrent 77 % de l’encours total. L’Association internationale de développement (IDA) représente à elle seule 47 % de la dette extérieure. Le Fonds monétaire international (FMI) arrive ensuite avec 22 %. Cette répartition confirme que l’État continue de s’appuyer principalement sur des ressources dites concessionnelles, c’est-à-dire des prêts à coûts réduits, pour couvrir des besoins élevés en investissements publics.

À l’échelle de l’ensemble de la dette publique, la DGDP projette un encours total équivalent à 12,0 % du PIB à fin 2025, contre 12,8 % en 2024, soit une baisse de 0,8 point de pourcentage, hors arriérés intérieurs. La dette publique reste presque entièrement extérieure, à 98,8 %, tandis que la dette intérieure ne pèse que 1,2 %. Autrement dit, l’État emprunte surtout en dehors du pays, et très peu sur le marché local.

Les risques qui pèsent sur 2026, échéances rapides et exposition au dollar

Le coût moyen de l’endettement demeure bas. À fin 2025, le taux d’intérêt moyen est estimé à 2,1 %. La DGDP l’explique par le poids des emprunts concessionnels et par la présence de prêts à taux nul dans le portefeuille. C’est un avantage pour le budget, car des intérêts faibles réduisent la pression sur les dépenses publiques.

Le document pointe toutefois des fragilités. La RDC reste exposée au risque de refinancement, car la totalité de la dette intérieure arrive à échéance sur un horizon d’un an. Cela signifie qu’elle doit être renouvelée rapidement, ou remboursée, ce qui peut créer une tension de trésorerie. Un autre point d’attention est le pic de remboursement attendu en 2026, qui pourrait concentrer des sorties de fonds sur une période courte.

La DGDP souligne aussi un risque de change élevé. Près de 99 % de l’encours est libellé en devises étrangères. Concrètement, si le franc congolais se déprécie, le coût du service de la dette augmente en monnaie locale, même si le montant en dollars reste identique.

Pour la période 2026-2028, la stratégie de gestion de la dette vise à réduire progressivement ces vulnérabilités en améliorant le profil de remboursement et en limitant l’exposition aux chocs de change, afin de renforcer la soutenabilité de la dette tout en préservant les marges de manœuvre budgétaires.

— M. KOSI

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