La dette intérieure en titres de l’État congolais continue de gonfler, tandis que l’appétit des investisseurs pour les nouvelles émissions reste limité. Au 12 novembre 2025, l’encours des titres publics a atteint 4 953,2 milliards CDF, contre 4 933,4 milliards CDF une semaine plus tôt, preuve d’un recours régulier du Trésor au marché domestique pour financer ses besoins.
Des adjudications en dollars sous-souscrites malgré un coupon à 9 %
Le signal le plus parlant vient des deux dernières adjudications en dollars.
Le 11 novembre 2025, le Gouvernement vise 90 millions USD via des Obligations du Trésor à 18 mois, rémunérées à 9 % l’an. Ce niveau de taux rémunère clairement le risque souverain congolais et cherche à attirer une épargne en quête de rendement. Pourtant, les investisseurs ne placent que 30,6 millions USD. Le taux de couverture plafonne ainsi à 34 %, très en dessous de l’objectif de l’État.
Une semaine plus tard, le 18 novembre 2025, le Trésor ajuste sa stratégie avec des Bons du Trésor en dollars, d’une durée plus courte de 6 mois. L’idée est simple : proposer un horizon de placement plus rassurant, donc potentiellement plus attractif. L’objectif est de lever 40 millions USD. Cette fois, les souscriptions montent à 25 millions USD, soit un taux de couverture de 62,5 %. Le résultat reste inférieur au montant recherché, même si la réponse du marché est plus solide que lors de l’opération précédente.
Sur le plan monétaire, ces chiffres envoient plusieurs messages.
Le premier : le marché domestique accepte toujours de financer l’État, comme le montre la progression de l’encours global, mais avec des limites. Le second : le coût du financement reste élevé pour le Trésor, avec un coupon de 9 % sur 18 mois en dollars, ce qui alourdit la charge d’intérêts future. Le troisième : le niveau de souscription rappelle que la liquidité disponible, la perception du risque pays et les anticipations sur le taux de change pèsent sur la demande pour ces titres.
En résumé, la RDC parvient à accroître graduellement son stock de dette en instruments domestiques, mais sans parvenir à mobiliser la totalité des montants visés lors des adjudications récentes. Le dialogue entre le Trésor, la Banque centrale et les investisseurs restera déterminant pour calibrer les volumes, les maturités et les taux de ces émissions dans les prochains mois.
M. KOSI


