La Direction générale des recettes de Kinshasa prépare l’extension de sa plateforme IRMS-DGRK à la collecte des impôts, taxes, redevances et autres droits dus à la ville. La réforme doit permettre aux contribuables de déclarer et payer directement en ligne, alors que la DGRK assure encore la transition vers deux nouvelles régies financières provinciales.
La DGRK veut réduire progressivement le recours aux documents manuscrits dans la gestion fiscale de Kinshasa. Lors d’un comité de direction élargi aux chefs de Centres des recettes, tenu le 10 août 2026 au CEPAS, son Chargé de Missions, Gérard Kaja Kambowa, a demandé aux services d’accélérer la dématérialisation de la chaîne de perception. La plateforme IRMS-DGRK, déjà utilisée pour la vignette automobile, doit désormais être étendue à d’autres actes générateurs de recettes. La DGRK indique que l’objectif est de permettre au contribuable d’effectuer les opérations depuis la déclaration jusqu’au paiement, tout en améliorant la traçabilité des dossiers. La plateforme officielle permet déjà aux assujettis d’effectuer certaines déclarations en ligne.
La réforme vise notamment les procédures encore fondées sur les feuilles d’observations, notes de perception et autres documents traités manuellement. Gérard Kaja Kambowa estime que ce fonctionnement limite la possibilité de suivre en temps réel l’état des obligations d’un contribuable et laisse davantage de place aux interventions humaines dans le calcul et le traitement des dossiers. Selon la DGRK, IRMS doit permettre une taxation davantage automatisée, l’autoliquidation de certaines obligations ainsi que le suivi des procédures de relance. L’administration présente également la solution comme intégrant des outils d’intelligence artificielle pour accompagner les utilisateurs.
Après la vignette, IRMS doit couvrir davantage de recettes
La plateforme a déjà été utilisée pour la campagne de vignette automobile, avec la possibilité de souscrire en ligne depuis un ordinateur, une tablette ou un téléphone. La DGRK avait notamment invité les propriétaires de véhicules à déclarer et payer la vignette 2024-2025 à travers IRMS, avant de reconduire cette procédure numérique pour l’exercice 2026.
L’étape annoncée le 10 août consiste à généraliser cette logique à une partie plus large de la fiscalité provinciale. Les agents devront notamment enregistrer et accompagner les assujettis dans l’utilisation du système. Pour l’administration urbaine, la dématérialisation doit faciliter l’élargissement de l’assiette fiscale et sécuriser davantage les paiements destinés au Trésor de la ville.
L’intérêt financier de la réforme dépendra cependant de sa capacité à faire correspondre les montants établis par le système aux sommes effectivement encaissées. Une chaîne numérique peut permettre de conserver l’historique des déclarations et des paiements, de rapprocher plus facilement les créances fiscales des règlements effectués et de réduire les ruptures de traçabilité entre l’établissement d’une obligation et son recouvrement.
Cette transformation intervient alors que l’administration fiscale de Kinshasa est elle-même en cours de réorganisation. Deux arrêtés provinciaux du 16 juin 2026 ont créé la Direction générale des impôts provinciaux de Kinshasa, DGIPK, et la Direction générale des droits, taxes et redevances de Kinshasa, DGTK. La première doit se concentrer sur les impôts provinciaux, tandis que la seconde prend en charge les droits, taxes et redevances.
La DGRK reste opérationnelle pendant la transition
Ces deux nouvelles structures ne sont pas encore totalement installées. Dans un communiqué publié en juillet, la DGRK avait confirmé qu’elle continuerait d’assurer la collecte des recettes pendant une période transitoire afin d’éviter une interruption du service fiscal jusqu’à la mise en place effective de la DGIPK et de la DGTK.
La séparation des recettes fiscales et non fiscales doit permettre à Kinshasa de spécialiser davantage ses administrations de perception. Lors de la préparation de la réforme, l’exécutif provincial avait expliqué vouloir corriger la stagnation de la mobilisation des recettes et donner à la ville davantage de ressources pour financer ses services et ses investissements.
La numérisation engagée par la DGRK devra donc être transférable aux deux nouvelles régies pour éviter que la restructuration institutionnelle ne recrée des circuits parallèles. Les prochains résultats permettront surtout de mesurer la part des contribuables enregistrés dans IRMS, le volume des paiements effectivement canalisés par la plateforme et l’évolution des recettes après la mise en service complète de la DGIPK et de la DGTK.
— M. MASAMUNA









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