Daniel Mukoko Samba appelle les universités congolaises à mieux aligner leurs formations sur les compétences recherchées par les entreprises. À la 2ᵉ Semaine de l’Étudiant, organisée du 10 au 13 août 2026 à Kinshasa, le Vice-Premier ministre de l’Économie nationale a notamment pointé le décalage entre l’offre de main-d’œuvre et les qualifications effectivement disponibles.
Former davantage ne suffit pas si les compétences produites ne correspondent pas aux besoins de l’économie. C’est le message défendu par Daniel Mukoko Samba devant les participants à la Semaine de l’Étudiant, organisée à Silikin Village autour du thème « Former pour produire, connecter l’université à l’économie réelle ». L’événement réunit du 10 au 13 août étudiants, universitaires, responsables publics et acteurs économiques.
Le ministre a insisté sur la fonction économique de l’enseignement supérieur. À ses yeux, le diplôme doit s’accompagner de compétences permettant de répondre aux problèmes des entreprises et de la société. Il a résumé cette attente en rappelant que le rôle de l’universitaire et de l’intellectuel est notamment de « produire des connaissances » et des solutions utiles à sa communauté.
Cette approche déplace la question de l’emploi au-delà du seul nombre de postes disponibles. Elle interroge également la qualité et la spécialisation de la main-d’œuvre sortant des établissements d’enseignement supérieur.
La construction illustre le décalage entre formation et compétences
Daniel Mukoko Samba a pris l’exemple du secteur de la construction à Kinshasa. Malgré l’existence d’une population active importante, certaines entreprises rencontrent des difficultés à recruter localement des travailleurs possédant les qualifications techniques recherchées. Le problème posé est donc celui de l’adéquation entre les cursus, les compétences pratiques acquises et les besoins réels des secteurs productifs.
Pour l’économie congolaise, cette question devient d’autant plus importante que plusieurs politiques publiques cherchent à augmenter la production locale, développer les infrastructures et élargir les chaînes de valeur. Ces ambitions nécessitent non seulement des financements et des investissements, mais aussi des techniciens, ingénieurs, gestionnaires et spécialistes capables de faire fonctionner les nouvelles capacités productives.
Le VPM a également placé l’intelligence artificielle parmi les changements auxquels les étudiants doivent se préparer. Son message consiste à ne pas attendre uniquement une adaptation institutionnelle des programmes universitaires. « N’attendez pas que l’université s’adapte. Adaptez-vous vous-mêmes », a-t-il déclaré, invitant les jeunes à acquérir de nouvelles compétences en parallèle de leur formation académique.
Cette orientation rejoint le thème retenu pour la deuxième édition de la Semaine de l’Étudiant, qui présente explicitement la connexion entre université et économie réelle comme l’un des sujets centraux de ses travaux.
Le débat devra toutefois se traduire dans les programmes, les stages, les partenariats avec les entreprises et les formations techniques. La mesure concrète sera la capacité des établissements congolais à produire davantage de profils correspondant aux métiers effectivement recherchés par les secteurs en expansion.
— M. KOSI









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