La RDC et la Zambie ont convenu de renforcer les contrôles à Kasumbalesa, Sakania et Mokambo pour lutter contre le transbordement illégal, le fractionnement et le détournement des marchandises en transit. Parmi les solutions discutées figurent l’échange électronique anticipé des données douanières et la coordination des inspections entre les deux pays.
Les deux pays ont conclu cet accord à l’issue d’une mission conjointe menée le 7 août 2026 le long de leur frontière commune. La délégation congolaise était conduite par Martin Kazembe Shula, gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, tandis que la partie zambienne était représentée par Lilian Bwalya, secrétaire permanente au ministère du Commerce, du Commerce extérieur et de l’Industrie. Les équipes ont inspecté Kasumbalesa, Sakania, Mokambo ainsi que le port sec de Lukangaba.
Le communiqué conjoint prévoit notamment une coordination accrue des inspections, le partage d’informations entre administrations et l’harmonisation de certaines procédures frontalières. Les mesures visent particulièrement les ruptures de charge et le fractionnement des cargaisons, pratiques qui compliquent la traçabilité des marchandises circulant entre la Zambie et la RDC.
Le problème dépasse la fluidité du trafic. Les autorités zambiennes reconnaissent que des marchandises enregistrées comme étant simplement en transit vers la RDC peuvent être déchargées en Zambie avant d’atteindre leur destination déclarée. Elles sont alors susceptibles d’être écoulées sur le marché sans acquitter les droits correspondants. Lusaka estime que ces détournements affectent les recettes douanières et alimentent la contrebande.
Les douanes veulent connaître les cargaisons avant leur arrivée
L’une des propositions les plus concrètes concerne la circulation des données entre les deux administrations. Lilian Bwalya a appelé à la mise en place d’un échange électronique d’informations avant l’arrivée des marchandises aux frontières. Un tel système permettrait aux services douaniers des deux pays de disposer plus tôt des informations sur les cargaisons attendues et de rapprocher ensuite les déclarations des marchandises effectivement présentées au poste frontalier.
La Zambie propose également d’avancer vers un poste frontalier à arrêt unique, où les administrations des deux pays pourraient effectuer des contrôles coordonnés. Kasumbalesa, Sakania et Mokambo figurent déjà parmi les frontières identifiées par Lusaka pour le développement de ce modèle, qui vise à réduire la duplication des procédures et à accélérer les formalités. Cette coopération pourrait renforcer la capacité des administrations à suivre une cargaison depuis son entrée en territoire zambien jusqu’à son passage en RDC. Elle pourrait également faciliter la détection d’écarts entre les quantités déclarées au départ, celles transportées et celles finalement présentées au dédouanement.
Côté congolais, Martin Kazembe a indiqué que des mesures avaient déjà été engagées contre le fractionnement des cargaisons et que des personnes impliquées dans ces pratiques avaient été interpellées. Il a toutefois estimé qu’une action menée uniquement en RDC ne permettait pas de traiter un phénomène qui commence parfois avant le franchissement de la frontière.
Kasumbalesa reste un passage sensible pour le commerce régional
La question prend une dimension économique particulière à Kasumbalesa. Ce poste relie directement le Copperbelt zambien au Haut-Katanga et constitue un passage utilisé par les flux commerciaux entre la RDC et l’Afrique australe. TradeMark Africa le décrit comme l’un des postes frontaliers les plus fréquentés et stratégiques de la région. Les deux gouvernements travaillent parallèlement sur d’autres mécanismes de facilitation. En avril 2026, ils ont préparé la mise en œuvre à Kasumbalesa du Régime commercial simplifié du COMESA, destiné notamment à alléger les formalités pour le petit commerce transfrontalier et à réduire les coûts de transaction.
Le nouvel accord ajoute donc une dimension de contrôle à cette stratégie de fluidification. Pour la RDC, son efficacité pourra être évaluée à travers la mise en service effective de l’échange électronique des données, la coordination des contrôles et la diminution des détournements de cargaisons. Ces mécanismes devront surtout permettre de concilier deux objectifs qui se heurtent régulièrement aux frontières, accélérer le passage des marchandises tout en sécurisant les recettes douanières.
— Peter MOYI








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