Le Fonds de promotion de l’industrie veut rendre plus lisibles ses conditions de financement et plus prévisible le traitement des demandes introduites par les entreprises. Devant environ 150 opérateurs économiques réunis le 10 août 2026 à Kinshasa, son Directeur général, Hervé Claude Ntumba Batukonke, a mis en avant cinq éléments déterminants pour présenter un projet industriel finançable.
Un projet bien documenté, un marché identifié, des choix techniques cohérents, une gouvernance claire et une capacité de remboursement démontrée. Ce sont les cinq exigences sur lesquelles le FPI a particulièrement insisté lors de la rencontre organisée avec la Fédération des entreprises du Congo. Pour les entreprises, le message revient à distinguer une opportunité commerciale d’un dossier suffisamment structuré pour recevoir un financement.
« Un financement industriel ne repose pas uniquement sur une bonne idée. Il exige un projet documenté, un marché identifié, des choix techniques cohérents, une gouvernance claire et une capacité de remboursement démontrée », a déclaré Hervé Claude Ntumba Batukonke.
Cette clarification intervient dans un contexte où l’accès au financement reste régulièrement cité par le secteur privé parmi les obstacles au développement de nouvelles capacités de production. Le président national de la FEC, Robert Malumba, a demandé à cette occasion la mise en place d’un cadre permanent de concertation et d’action entre le patronat et le FPI afin de rapprocher les besoins des entreprises des mécanismes publics disponibles. La rencontre a réuni environ 150 participants issus de différentes entreprises.
Le FPI veut intervenir avant le dépôt des demandes
L’une des orientations présentées par la direction du Fonds consiste à renforcer l’accompagnement des entreprises avant même la décision de financement. Le FPI veut notamment améliorer la compréhension de ses mécanismes, accompagner la maturation des projets et rendre le parcours des dossiers plus prévisible.
Cette approche répond à une difficulté concrète. Un projet peut présenter un potentiel économique sans répondre immédiatement aux exigences techniques, financières ou de gouvernance nécessaires à l’octroi d’un crédit. La direction du FPI veut donc intervenir davantage sur la qualité des dossiers soumis plutôt que se limiter à leur réception et à leur évaluation.
Le Fonds dispose déjà de plusieurs formes d’intervention. Son cadre officiel prévoit des crédits à court terme destinés notamment aux besoins en fonds de roulement ainsi que des crédits à moyen et long terme pour les investissements. Lors de la rencontre du 10 août, les instruments présentés aux entreprises comprenaient également les prises de participation, les subventions et des mécanismes de bonification d’intérêts.
Les cinq critères exposés aux membres de la FEC ne constituent toutefois pas à eux seuls l’ensemble des conditions formelles d’intervention du Fonds. Le FPI indique notamment sur son site que les garanties couvrant un crédit doivent être disponibles et suffisantes à hauteur d’au moins 150 % du montant du prêt sollicité, sous différentes formes telles que l’hypothèque, le nantissement, le gage, l’aval bancaire ou l’assurance-crédit. La disponibilité des ressources du Fonds fait également partie des conditions mentionnées.
Cette exigence montre que l’amélioration de la lisibilité des procédures ne supprimera pas automatiquement les contraintes d’accès au financement. Pour une entreprise, la bancabilité du projet devra toujours être appréciée avec sa capacité de remboursement, ses garanties et la solidité de son modèle économique.
La FEC veut participer à la maturation des projets
Le partenariat envisagé attribue également un rôle au patronat. La FEC devrait contribuer à identifier les projets industriels de ses membres, les accompagner dans leur maturation, faciliter les partenariats entre entreprises et faire remonter les difficultés rencontrées dans les procédures de financement. Robert Malumba souhaite que les échanges aboutissent à une feuille de route commune et à des mécanismes permanents de collaboration.
Le financement du FPI repose notamment sur la Taxe de promotion de l’industrie, présentée par l’établissement comme sa principale ressource. Créée pour contribuer au financement de projets favorisant l’industrie locale et les exportations de produits manufacturés, cette taxe alimente la capacité d’intervention du Fonds. Pour la production locale, le FPI indique actuellement un taux de 2 % du prix de revient industriel des produits concernés.
Hervé Claude Ntumba Batukonke a défendu une lecture économique de cette contribution, au-delà de son recouvrement fiscal. Pour le FPI, la question est de convertir les ressources collectées en équipements, capacités de production, emplois et valeur ajoutée, tout en maintenant le respect des obligations des entreprises assujetties.
Le résultat de ce rapprochement FPI-FEC devra donc se mesurer au-delà des rencontres institutionnelles. Les indicateurs les plus concrets seront le nombre de dossiers effectivement préparés avec les entreprises, les délais de traitement, les volumes de financements accordés, les projets débloqués et les nouvelles capacités industrielles effectivement mises en production.
— J. KAKESA









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