Les deux actifs congolais de Glencore, Kamoto Copper Company et Mutanda Mining, ont produit ensemble 138 400 tonnes de cuivre au premier semestre 2026, en hausse de 66 % sur un an. À eux seuls, ils représentent près de 35 % des 397 000 tonnes de cuivre produit par le groupe sur la période, selon un calcul de Lepoint.cd à partir des données publiées par Glencore.
La République démocratique du Congo a fourni la principale contribution à la hausse de la production de cuivre de Glencore au premier semestre 2026. La production propre du groupe a progressé de 15 %, passant de 343 900 tonnes au premier semestre 2025 à 397 000 tonnes cette année. Glencore attribue notamment cette augmentation à la hausse des volumes miniers et à l’amélioration des teneurs dans ses opérations africaines, qui correspondent à KCC et Mutanda en RDC. Leur production cumulée a gagné 55 000 tonnes en un an.
Dans le détail, KCC a produit 106 400 tonnes de cuivre, contre 63 200 tonnes un an auparavant, soit une hausse de 68 %. Mutanda a livré 32 000 tonnes, contre 20 200 tonnes au premier semestre 2025, soit une progression de 58 %. KCC fournit ainsi plus des trois quarts du cuivre provenant des deux opérations congolaises de Glencore.
Cette reprise intervient après un premier semestre 2025 difficile pour KCC, lorsque Glencore avait signalé des teneurs plus faibles, des contraintes sur la disponibilité des équipements, des perturbations électriques et un recours accru à des stocks de minerai à faible teneur. Au second semestre 2025, l’amélioration des teneurs avait déjà soutenu un redressement de la production, tendance qui s’est poursuivie au cours des six premiers mois de 2026.
La RDC fournit près de 35 % du cuivre propre de Glencore
Les 138 400 tonnes issues de KCC et Mutanda représentent environ 34,9 % de la production propre totale de cuivre de Glencore au premier semestre, selon un calcul de Lepoint.cd. Cette proportion place les actifs congolais devant chacune des grandes contributions individuelles citées dans le portefeuille cuivre du groupe. Antamina a produit 83 200 tonnes attribuables à Glencore, tandis que Collahuasi en a apporté 81 400 tonnes.
La hausse du cuivre congolais s’accompagne toutefois d’une évolution inverse pour le cobalt. La production de cobalt des activités africaines est tombée à 8 700 tonnes, contre 17 700 tonnes un an plus tôt, soit une baisse de 51 %. Glencore explique cette contraction par le régime congolais de quotas d’exportation du cobalt et par une gestion des opérations privilégiant actuellement le cuivre. Une partie du cobalt contenu dans les minerais mixtes est ainsi conservée en solution plutôt que transformée immédiatement en hydroxyde commercialisable.
Cette orientation a également contribué à réduire les coûts unitaires de l’activité cuivre africaine. Le coût net de production est passé de 353,4 cents par livre au premier semestre 2025 à 221,8 cents en 2026. Glencore précise néanmoins que ses opérations africaines ont subi la hausse du prix de plusieurs intrants, notamment le diesel, le soufre et l’acide sulfurique.
La progression opérationnelle s’inscrit dans un semestre nettement plus rentable pour l’ensemble du groupe. Glencore a publié un EBITDA ajusté de 10,1 milliards USD, en hausse de 86 % sur un an, tandis que son EBIT ajusté a atteint 6,65 milliards USD. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires s’est établi à 4,4 milliards USD. La branche industrielle a généré 6,5 milliards USD d’EBITDA ajusté, soutenue notamment par des prix de matières premières plus élevés et une meilleure performance des actifs.
KCC reste intégré au plan de croissance du cuivre jusqu’en 2035
La place de la RDC pourrait encore augmenter dans le portefeuille cuivre de Glencore. Le groupe a conclu en février 2026 un accord avec la Gécamines portant sur l’accès à des terrains autour de KCC. Glencore estime que cette opération doit permettre d’augmenter les capacités de stockage des résidus et des stériles, d’améliorer la récupération des réserves existantes et de prolonger la durée d’exploitation de KCC jusqu’au milieu des années 2040. L’entreprise affiche pour cette mine un objectif à long terme d’environ 300 000 tonnes de cuivre par an.
À l’échelle du groupe, Glencore maintient parallèlement son objectif d’atteindre environ 1 million de tonnes de cuivre en rythme annuel d’ici fin 2028, puis environ 1,6 million de tonnes par an en 2035. Pour 2026, la prévision reste comprise entre 810 000 et 870 000 tonnes, avec une production davantage concentrée sur le second semestre.
Pour la RDC, les prochains rĂ©sultats permettront surtout de mesurer si la hausse observĂ©e Ă KCC et Mutanda peut Ăªtre maintenue au-delĂ de l’effet des teneurs et de la prioritĂ© temporairement donnĂ©e au cuivre face au cobalt. La progression vers les 300 000 tonnes annuelles visĂ©es Ă KCC constituera Ă©galement un indicateur concret de la contribution future du pays au plan de croissance mondial du cuivre de Glencore.
— Peter MOYI









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