La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé le 10 septembre à Kinshasa une réunion stratégique avec les ministres des Finances et du Budget en présence de la mission préparatoire du Fonds monétaire international. Ce rendez-vous précède la revue d’octobre du programme économique conclu en janvier 2025, un passage déterminant pour l’accès aux prochains décaissements.
Selon les estimations, la croissance devrait atteindre 5,5 % en 2025, soutenue par la vigueur du secteur minier et une meilleure mobilisation des recettes fiscales. Sur le plan des prix, l’inflation est retombée sous 8 %, après avoir culminé à 25 % en 2023. Cette décélération résulte des interventions monétaires de la Banque centrale, qui a resserré sa politique de change pour contenir la volatilité du franc congolais.
Le dilemme entre discipline financière et urgences nationales
Si les indicateurs macroéconomiques s’orientent positivement, le gouvernement fait face à des tensions persistantes. Les dépenses militaires liées aux opérations dans l’Est absorbent une partie importante des ressources, tandis que les besoins sociaux — santé, éducation et subventions ciblées — se multiplient. Cette double pression rend plus délicate la trajectoire de consolidation budgétaire exigée par le FMI.
Les discussions portent désormais sur la capacité de Kinshasa à préserver la stabilité monétaire tout en finançant ses priorités intérieures. Le maintien de l’embellie repose sur un équilibre précaire : accroître les marges fiscales sans compromettre la croissance ni affaiblir la monnaie. Pour le FMI comme pour les autorités congolaises, la prochaine revue sera un test de crédibilité pour la politique économique engagée depuis janvier.
— Peter MOYI



